Si elle n’avait pas été victime d’un accident de voiture dans son adolescence, Doris Day aurait peut-être continué sa carrière de danseuse au lieu de devenir chanteuse puis actrice de cinéma...

Portrait de la chanteuse et actrice américaine Doris Day vers 1950.
Portrait de la chanteuse et actrice américaine Doris Day vers 1950. © Getty / GAB Archive / Redferns

À cette époque-là, elle n’avait sans doute pas gagné le titre de « vierge éternelle » qui lui valut ses rôles d’Américaine puritaine et bien-pensante.

Chanteuse par accident ? 

Marie Ann Von Kappelhoff, de son vrai nom, est née en 1922 de parents d’origine hollandaise. À l’âge de seize ans, elle est victime de deux accidents survenus coup sur coup et écope d’une année complète d’immobilisation. Elle est d’abord blessée par la collision de sa voiture avec un train, puis, au retour de l’hospitalisation de ce premier accident, elle se prend les pieds dans un tapis chez ses parents. « On est déjà dans la comédie américaine » dira-t-elle.  

Pendant sa convalescence, pour tuer le temps, elle chante les chansons de blues et de jazz qu’elle entend à la radio. Sa mère lui paye des cours de chant avec une professeure qui décèle chez elle un grand talent et l’encourage à se lancer. 

Des débuts plus que prometteurs

Sous le pseudonyme de Doris Day, elle débute sa carrière par la musique, enchaînant le music-hall, les grands orchestres et le disque. En 1948, grâce à sa voix d’or, elle fait ses premiers pas à l’écran dans le film chanté Romance à Rio

Elle signe ensuite un contrat de sept ans avec la Warner Bros, et alterne quelques films réussis comme Il y a de l’amour dans l’air et La Femme aux chimères de Michael Curtis, avec des bluettes sirupeuses ou faussement burlesques. Mais la blonde et jolie Doris Day peine à donner d’elle une image sortant des conventions hollywoodiennes

Elle finit pourtant par obtenir un grand succès populaire auprès de l’Amérique profonde en jouant dans toute une série de comédies de mœurs élaborées mais respectant les règles morales, aux côtés de symboles de la virilité américaine, comme Rock Hudson, James Garner, Ronald Reagan. 

Après avoir rompu avec la Warner en 1955, elle joue un grand rôle à la fois dramatique et musical pour la MGM dans Les Pièges de la passion de Charles Vidor. C’est son partenaire James Cagney qui l’impose, la préférant à Ava Gardner. Après cela, elle continue quelques-uns de ses merveilleux numéros musicaux comme dans Pique-nique en pyjama de Stanley Donen. 

Et puis.. Alfred Hitchcock

Mais c’est son rôle dans la version couleur de L’Homme qui en savait trop d’Alfred Hitchcock qui reste le plus fameux de sa filmographie. Elle fut imposée à Hitchcock qui lui préférait Grace Kelly. Pourtant, Doris osa lui demander de créer pour elle un personnage plus sain que celui qu’il avait prévu pour Grace.

Elle y chante la fameuse rengaine Que sera sera. Il devient alors son leitmotiv musical au point de faire oublier sa carrière impressionnante de chanteuse, au cours de laquelle elle a enregistré plus de 600 chansons populaires. 

Mais son image immaculée ne survivra pas aux turbulentes années 1970 où les critiques la baptiseront « la plus vieille vierge du monde ». D’ailleurs, elle proteste dans ses mémoires croustillants : « Quels sont mes soit disant rôles virginaux ? J’ai été battue par James Cagney, j’ai combattu le Ku-Klux-Klan avec Ginger Rogers, été la femme abusée du sportif alcoolique Ronald Reagan, et été prise d’une telle peur hystérique de Louis Jourdan que le tournage du film Le Diabolique Mister Benton a dû être arrêté le temps que je m’en remette ». 

Retirée ensuite des écrans, elle se consacre à sa fondation animalière créée en 1978. Doris nous a quitté le 13 mai 2019, elle avait 97 ans.

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