Ce soir, notre invitée dans Vedette de l’écran est l’archétype même de cette appellation...

L'actrice française Martine Carol en 1950
L'actrice française Martine Carol en 1950 © Getty / Serge de Sazo

Si l’histoire du cinéma a retenu peu de ses films, Martine Carol n’en fut pas moins une grande vedette. Bien avant Marilyn Monroe et Brigitte Bardot, elle incarnait comme elles le symbole de la séduction féminine et reflétait le rêve secret de tous les hommes. 

Née Marie-Louise Mourer le 16 mai 1920 à Saint-Mandé, c’est une fille de bonne famille qui suit une scolarité studieuse et est destinée à faire un beau mariage. Mais elle rencontre un jour le père de sa copine Rosine, le grand acteur de l’époque, André Luguet. Vu son physique plaisant, il l’encourage à prendre des cours de comédie chez René Simon, le cours à la mode du moment. 

Là, lors d’une audition, elle est remarquée par Alfred Greven, le patron de la Continental films. Ce véritable studio à la manière d’Hollywood est financé par l’argent nazi, et produit tous les meilleurs films de l’Occupation. À ce sujet, je vous recommande la lecture passionnante de l’ouvrage éponyme de Jean-Louis Ivani. Le puissant Alfred Greven impose ainsi la jeune femme dans La Ferme aux loups de Richard Pottier aux côtés de François Périer. C’est ce dernier qui lui trouve son nom d’actrice : Martine Carol. 

Elle fait refaire son nez un peu long, qui d’aquilin devient mutin, et change la couleur de ses cheveux. Elle est désormais blonde platine, comme les stars d’Hollywood en 1950. 

Après une dizaine de films très inégaux, Martine Carol, à nouveau sous la direction de Richard Pottier, connait le triomphe avec Caroline Chérie : elle devient la plus grande star du cinéma français. Ce succès est dû en grande partie aux scènes où elle n’hésite pas à dévoiler généreusement son anatomie. C’est un choc pour l’époque. On n’imagine pas la ferveur que Martine Carol suscite avec ce film qui connaitra une suite et un rayonnement international. 

C’est le début d’une série de films pseudo-historiques pimentés d’érotisme aimable : Lucrèce Borgia, Madame du Barry, Nana. Tous réalisés par son second mari Christian-Jaque. Elle tourne aussi avec René Clair Les Belles de nuit aux côtés de Gérard Philippe. 

En 1955, Lola Montès de Max Ophüls, couronnement de sa brève carrière, ne peut qu’être un malentendu : les producteurs veulent exploiter son personnage de femme fatale, alors que le metteur en scène entend au contraire l’exorciser. L’insuccès commercial retentissant du film ralentit la carrière de Martine Carol. Elle s’en remettra d’autant moins qu’une certaine Brigitte Bardot vient d’entrer en scène. 

Peu à peu supplantée par cette rivale plus jeune et audacieuse, Martine Carol tourne encore quelques films importants au tournant des années 60, comme Austerlitz d’Abel Gance, Vanina Vanini de Rossellini, mais sans jamais retrouver sa splendeur passée. 

De dépressions nerveuses en divorces successifs, en 1967 elle est découverte morte par son quatrième mari, le milliardaire anglais Mike Eland. Son décès à Monte Carlo reste entouré de mystère, abus de médicaments ou crise cardiaque... Mais sa fin tragique ne s’achève pas là. Peu après les obsèques au Père Lachaise, sa tombe est profanée, car les journaux à sensation avaient écrit qu’elle était inhumée avec tous ses bijoux. 

Maintenant, elle repose à Cannes dont elle avait été une étoile du Festival. Martine Carol, grande sœur de Marilyn Monroe. 

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