Ce soir, notre vedette de l’écran est la lumineuse Marie Dubois. En ce moment, elle figure, au milieu des stars et des starlettes des années 60, dans une magnifique exposition de Philippe R. Doumic, le photographe officiel d’UniFrance à l’époque, aujourd’hui injustement oublié.

Marie Dubois
Marie Dubois © Getty

Marie Dubois a été longtemps l’incarnation de la jeune femme jolie mais accessible, solaire et sympathique. 

Claudine Huzé vient au monde à Paris le 12 janvier 1937, fille de Français moyens sans histoire. Pour faire plaisir à ses parents, elle s’inscrit à la faculté de droit mais rêve de monter sur les planches. Elle suit en parallèle les cours d’Art dramatique de la rue Blanche et entre au Conservatoire dont elle sort récompensée de deux accessits. « Ma blondeur, mon air tendre m’ont figé sur un emploi d’ingénue alors que je suis une violente, une vraie. Quelle erreur ! »

Après une brève apparition dans le premier film d’Éric Rohmer Le signe du Lion, elle est remarquée par François Truffaut. Il la baptise alors Marie Dubois et lui offre le rôle principal féminin de Tirez sur le pianiste. Face à Charles Aznavour, la jeune femme rayonne d’une présence indiscutable et manifeste un caractère bien trempé. Sa prestation est couronnée de lauriers par la presse. 

Toujours avec Truffaut, elle enchaîne avec un personnage secondaire dans Jules et Jim. Ce n’est que longtemps après qu’elle avouera avoir été secrètement amoureuse du cinéaste. « Je l’ai aimé comme on chaparde le fruit de l’arbre défendu, dans un jardin qui ne vous appartient pas ».    

Estampillée « Nouvelle Vague » malgré elle, Marie Dubois accorde pourtant ses faveurs au cinéma populaire de Verneuil, Lautner, Molinaro. Et c’est dans ce cinéma commercial qu’elle trouve des rôles plus construits. Elle est ainsi l’inoubliable épouse de Bourvil dans La Grande Vadrouille, la fille rebelle de Jean Gabin dans L’Âge ingrat ou encore la vénale Geneviève dans Le Voleur de Louis Malle.  

C’est à 33 ans que Marie Dubois rencontre son plus beau rôle, la magnifique Isabelle de La Maison des Bories réalisé par Jacques Doniol-Valcroze. Selon le romancier Michel Mardore, c’est « un film en porcelaine de Saxe, illuminé par la beauté solaire de son actrice, son plus grand succès personnel ».  

La carrière de Marie Dubois se déroule alors avec une grande régularité. À quelques rares exceptions près, elle tourne dans des films ambitieux et estimables, et n’hésite pas à donner leurs chances à de jeunes cinéastes comme Roger Andrieux avec La Petite Sirène, ou Michel Soutter dans Les Arpenteurs. Elle ne refuse pas davantage des emplois pourtant risqués comme dans Bof… anatomie d’un livreur de Claude Faraldo. 

Marie Dubois parvient toujours à dépasser le stade de la jeune femme sans histoires et à insuffler une vraie profondeur à des personnages pourtant difficiles.  

En 1978, elle remporte le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation de femme jalouse dans La Menace d’Alain Corneau. 

C’est à ses 23 ans que les premiers symptômes de la sclérose en plaques se manifestent. Lorsqu’ils reprennent dans les années 80, elle se voit contrainte de ralentir son activité cinématographique. En 2001, elle s’engage publiquement dans la lutte contre la sclérose en plaques en témoignant dans un film de campagne réalisé par Alain Corneau. Elle meurt le 15 octobre 2014, sept ans après son mari Serge Rousseau, grand agent qui m’a fait l’honneur de me former à ce métier.  

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