Actrice piquante et sensuelle, elle excelle dans le drame historique comme dans la comédie populaire, au cinéma comme à la télévision. En plus de soixante ans de carrière, elle compte près de 90 films et téléfilms.

Mylène Demongeot et Jean Marais dans "Fantômas "(1964)
Mylène Demongeot et Jean Marais dans "Fantômas "(1964) © Getty / Michael Ochs Archives

Marie-Hélène Demongeot naît à Nice en 1935 d’une famille aisée. Elle passe une enfance assez malheureuse à cause d’un strabisme qui la voue aux moqueries de ses camarades. Elle rêve de devenir pianiste et brûle d’une passion secrète pour Gérard Philippe. 

Enfin opérée des yeux, elle commence à faire des photos pour des publicités. Puis elle est emmenée par des copines au cours de René Simon, où elle fréquente toute une future génération d’acteurs : Nicole Berger, Jean-Pierre Cassel, Guy Bedos... 

C’est là qu’elle est repérée par Léonide Moguy pour jouer un petit rôle dans Les Enfants de l’amour, sa première apparition à l’écran. Elle y porte encore son vrai nom, elle imagine alors « Mylène Demongeot », plus facile à retenir, six syllabes rondes et sensuelles, qui concentrent tout son sex-appeal. 

En 1957, sa carrière est lancée avec fracas par un film emblématique : Les Sorcières de Salem. La légende raconte que Raymond Rouleau, en voyant une publicité de Mylène, dit : « Si cette fille-là sait jouer, elle est Abigail ! ». Car le grand metteur en scène de théâtre prépare une adaptation filmique de la célèbre pièce d’Arthur Miller et dont le scénario est de Jean-Paul Sartre. Choisie par des centaines de prétendantes, Mylène incarne Abigail Williams, aux côtés de Simone Signoret et d’Yves Montand. Sa blondeur angélique dissimule la noirceur de cet authentique personnage de garce. À 21 ans seulement, le rôle lui fait crever l’écran. 

Propulsée vedette, elle est alors choisie par Otto Preminger pour jouer Elsa dans _Bonjour Tristesse_, avec Jean Seberg, Deborah Kerr et David Niven. Puis elle enchaîne des péplums kitschs comme La Bataille de Marathon et des films plus exigeants comme À cause, à cause d’une femme de Michel Deville ou Une Manche et la belle de Henri Verneuil. 

Sa prétendue rivalité avec Brigitte Bardot a fait couler beaucoup d’encre. Et les points communs ne manquent pas : blondeur sexy, charme ravageur, amoureuse des animaux... La vérité c’est que Mylène a sa singularité propre, un jeu entre lucidité et candeur qui la distingue des autres actrices. 

Sa filmographie est surtout marquée par les grands succès populaires. Elle incarne ainsi l’ambiguë Milady dans l’adaptation des Trois Mousquetaires de Bernard Borderie, avec Gérard Barray et Georges Descrières. Elle est aussi la fiancée espiègle de Jean Marais, aux côtés de Louis de Funès, dans la trilogie _Fantômas_

Elle vit son premier amour avec son Pygmalion, le photographe Henri Coste, qui a réalisé de magnifiques photos d’elle. Après dix ans d’un mariage déçu, elle rencontre Marc Simenon, le fils de l’écrivain Georges Simenon. C’est un coup de foudre immédiat qui inaugure une passion de plus de trente ans. Elle se consacre alors à la vie conjugale, délaissant sa carrière d’actrice et s’attachant à produire les films de son mari. 

Après le décès de son époux, Mylène Demongeot fait son grand retour au cinéma dans les années 2000. Elle continue d’alterner les grandes comédies populaires comme Camping et 36 Quai des Orfèvres et les films d’auteurs plus pointus comme Les Toits de Paris d’Hiner Saleem ou La Californie de Jacques Fieschi. 

Je suis un fan de Mylène Demongeot depuis mon plus jeune âge. Comme je l’ai aimée en espionne brésilienne dans Furia à Bahia pour OSS 117, fuyant des tueurs à travers la forêt amazonienne, ou au milieu des yéyés dans Cherchez l’idole ! Je l’ai rencontrée pour la première fois alors que j’étais directeur de casting. Elle m’a accueilli chez elle avec une affreuse mangouste autour du cou ! Malgré ce premier contact peu avenant, notre amitié fut instantanée. 

Je suis toujours touché par son énergie folle et son amour des gens. Cette comédienne iconique n’a rien perdu de sa flamboyance passée. 

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