« Je suis une nageuse, non une actrice », disait Esther Williams. En dépit de cette sympathique modestie, Esther Williams fut l’une des vedettes les plus populaires des années 1940, consacrant le ballet aquatique comme genre cinématographique à part entière.

Esther Williams, championne olympique de natation devenue stars du 7e art dans les années 1940, grâce notamment à ses apparitions dans des comédies musicales aquatiques
Esther Williams, championne olympique de natation devenue stars du 7e art dans les années 1940, grâce notamment à ses apparitions dans des comédies musicales aquatiques © Maxppp / Keystone Pictures USA/ZUMA24.com

Sorti mercredi dernier, Le Grand Bain de Gilles Lellouche est une comédie drôle et touchante qui connaît un énorme succès public. C’est la première fois que la natation synchronisée masculine est le sujet d’un long métrage. Jusqu’à présent, cette discipline était réservée aux nageuses. C’est Esther Williams la première qui a popularisé la natation synchronisée, dans le sillage d’Annette Kellerman, surnommée la sirène australienne, vedette du muet et inventrice du maillot de bain une pièce.  

Née le 8 août 1921 à Los Angeles, Esther Williams est la benjamine de cinq enfants. Dès sa plus tendre enfance, elle se passionne pour la natation. À 16 ans, elle remporte trois championnats nationaux en brasse et en nage libre. Elle devient championne du 100 mètres nage libre en 1 minute en 9 secondes. Elle est sélectionnée pour participer aux Jeux Olympiques d’été de 1940, qui doivent se tenir à Tokyo, mais ses espoirs s’effondrent quand la Seconde Guerre Mondiale entraîne l’annulation des Olympiades. Elle s’inscrit alors à l’Université.   

Avec Johnny Weissmuller, elle participe aux jeux aquatiques de l’exposition de San Francisco. C’est là qu’elle est remarquée par un talent scout de la MGM.  

Esther Williams fait un essai aux côtés de Clark Gable et se fait aussitôt engager pour tourner avec Mickey Rooney dans La Double Vie d’Andy Hardy. Elle décroche ensuite quelques petits rôles notamment avec Spencer Tracy. En 1944, son film Le Bal des sirènes fait d’elle une immense vedette, et elle devient la naïade de Hollywood.   

La carrière filmique d’Esther Williams se poursuit sans éclipse et la belle jeune femme se spécialise dans des films sur mesure où elle finit toujours dans l’eau. Se jouant en souriant des figures les plus savantes et des plongeons les plus acrobatiques, elle émerge des eaux bleues, suivie de son cortège de sirènes en paillettes, avec une aisance conquérante qui la rendra célèbre dans le monde entier. 

La carrière d’Esther Williams subit ensuite les hauts et les bas de la comédie musicale. Au début des années 1950, la vogue déclinant, elle fait quelques tentatives peu fructueuses pour se reconvertir dans un cinéma moins léger. Elle est d’ailleurs très convaincante dans L’Enquête de l’inspecteur Graham de Harry Keller où elle incarne un professeur victime d’agression.    

Peu après, elle prend ses distances avec le cinéma. En 1963, elle tourne son dernier film, La Fontaine magique, aux côtés de son troisième époux, l’acteur argentin Fernando Lamas. Avec lui, elle se consacre ensuite à l’enseignement de la natation aux enfants handicapés. Elle réussit enfin à imposer la natation synchronisée aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984. 

Elle s’éteint le 6 juin 2013 à l’âge de 91 ans. 

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