À part quelques amoureux des étoiles filantes, qui se souvient encore de Gisèle Pascal ? Et pourtant, sa carrière n’est pas celle d’une actrice sans lendemain.

Gisèle Pascal
Gisèle Pascal © AFP / Studio Harcourt

Elle, qui ressemblait à Danielle Darrieux, fut longtemps la rivale de Micheline Presle. Sa vie tient du conte de fée plein de soleil avec un grand amour, quelques miracles, un Prince, un complot et des chansons. 

Gisèle Pascal, c’est My Fair Lady version Côte d’Azur.  

Comme Eliza Doolittle, Gisèle Pascal est une petite fleuriste. Elle est née à Cannes le 17 septembre 1921 dans une famille d’origine italienne. Ses parents fleuristes ne sont pas riches mais se débrouillent pour lui offrir des cours de danse alors que c’est pour le chant qu’elle a un véritable don. Ça ne l’empêchera pas de chanter plus tard dans des opérettes.  

Devenue une jeune fille éblouissante, elle rencontre l’amour de sa vie : Raymond Pellegrin, pas encore repéré par Marcel Pagnol pour Naïs. Il rêve de cinéma, elle rêve d’insouciance et de liberté.  

Mais la déclaration de guerre bouleverse tout. Comme la Côte d’Azur est en zone libre, elle devient la terre d’accueil des vedettes de l’époque : Michèle Morgan, Danielle Darrieux, Micheline Presle et son beau fiancé Louis Jourdan. Ils sont tous en exil forcé. 

C’est donc sur la Riviera que le comédien Claude Dauphin croise notre belle vendeuse de quatre sous. Il la séduit et la fait débuter au théâtre dans sa compagnie. Puis, il l’impose à Yves Allégret dans Les Deux Timides pour un petit rôle à ses côtés.      

Mais c’est l’autre Allégret -Marc- qui lui offre son premier rôle conséquent dans L’Arlésienne d’après Alphonse Daudet. Gisèle, avec son délicieux accent du Midi est aussi parfaite dans La Belle Aventure, où elle retrouve son cher et séduisant Claude Dauphin ainsi qu’un autre couple de fiancés célèbres : Micheline Presle et Louis Jourdan.    

Petit à petit, Gisèle Pascal gravit les échelons du vedettariat. À la Libération de la France en 1945, elle est l’actrice la plus sollicitée et la plus en vogue, notamment grâce au film La Vie de Bohême de Marcel L’Herbier. 

Côté cœur, elle fait la conquête d’Yves Montand qu’elle souffle à Édith Piaf, laquelle raconte vexée qu’elle a congédié le jeune homme.   

Gisèle tourne beaucoup et est très populaire. Hélas, les cinéastes qui font appel à elle sont de faible envergure. C’est Jean Dréville qui lui offre enfin un rôle à sa hauteur dans Horizons sans fin, dans lequel elle incarne la célèbre aviatrice Hélène Boucher. 

Entre-temps, elle rencontre son voisin à Saint Jean Cap Ferrat qui n’est autre que Rainier de Monaco. C’est le coup de foudre et le début d’un grand amour qui dure plus de six ans.  

Leur liaison fait les beaux jours des romans photos et de la presse à scandale. Mais lorsqu’il est question de mariage, la Principauté voit cela d’un mauvais œil. Le danger de cette union est alors éloigné sous prétexte d’une supposée stérilité de Gisèle. 

Bafouée et meurtrie, Gisèle se console entre les bras du beau Gary Cooper, rencontré sur le tournage de Boum sur Paris.                                   

Finalement, elle retrouve son amour de jeunesse, Raymond Pellegrin devenu une grande vedette. Et cet amour dure plus de cinquante ans... Le couple a une fille, Pascale, joli pied de nez aux conseillers de la principauté qui l’avaient diffamée.    

Les années 60 surviennent et la Nouvelle Vague relègue Gisèle aux seconds rôles. Avec son bien-aimé Raymond, elle se consacre alors aux tournées théâtrales, là où son nom résonne encore pour les nostalgiques des romans photos.   

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