Le cœur de Mireille Darc, ce chasseur solitaire qui ne lui a joué que des sales tours dans son existence (deux opérations à cœur ouvert en 20 ans) a fini par s’arrêter le lundi 28 août 2017...

Mireille Darc en 1974
Mireille Darc en 1974 © Getty / Alain Dejean

Sous un masque de vulnérabilité charmante, Mireille Darc a toujours été une combattante, une femme de fer qui connait la bataille. D’ailleurs, n’a-t-elle pas réalisé un film intitulé La Barbare d’après le roman de Katherine Pancol, et pourtant en partie autobiographique ? 

D’une mère épicière et d’un père horticulteur, Mireille Aigroz voit le jour à Toulon le 15 mai 1938. Pendant la guerre, avec ses deux grands frères, la petite Mireille passe deux années dans sa famille paternelle au cœur du canton de Vaud. Elle est une enfant douce qui souffre d’un manque d’amour de ses parents si peu démonstratifs, et surtout d’un père qui la traite parfois de bâtarde. Elle découvrira plus tard qu’il n’est pas son géniteur. 

En 1959, Mireille monte à Paris après des études au Conservatoire de Toulon

Son joli minois et ses cheveux bruns lui offrent des débuts comme mannequin et ses premiers pas à la télévision dans Hauteclaire aux côtés de Piccoli. Son interprétation très convaincante lui vaut même l’éloge de la critique. Puis, elle éclot au cinéma en entrant par la petite porte avec un rôle modeste dans La Bride sur le cou de Vadim aux côtés de BB. 

Entretenant des complexes physiques depuis son enfance malheureuse, elle se fait teindre les cheveux en blond et entreprend une opération esthétique du nez. Elle troque son nom de famille pour adopter celui de la Pucelle d’Orléans et de l’Arc, la rivière de sa jeunesse. Mireille Darc est née. 

Elle ne tarde pas à enchainer des rôles de filles légères ou affranchies, d’écervelée insolente et sans scrupules dans des films sans grand intérêt, excepté Pouic-Pouic, film culte avec De Funès et Maillan à l’apogée de leur forme. 

Après six années de séries B, sa rencontre avec Georges Lautner en 1963 lance sa carrière

Ensemble, ils tournent 13 films. Et si Les Barbouzes la révèle, c’est Galia qui impulse véritablement son ascension fulgurante. Elle y interprète une jeune femme éprise de liberté qui assume totalement sa sexualité débridée. La Darc devient alors l’incarnation d’une nouvelle femme moderne et d’un nouveau type de sex-symbol androgyne. 

Ses rôles les plus intéressants s’égrènent alors dans des comédies populaires de qualité : la série des Grand Blond avec Pierre Richard, Le Téléphone rose et L’Homme pressé avec Molinaro. 

Je jouais des idiotes ou des call girls alors que j’avais envie de passer pour une intello. C’est pour cela que j’ai tourné Week-end avec Godard. 

Tant mieux pour nous, car il en reste une scène d’anthologie interprétée par une comédienne accomplie. 

Puis, lors des quinze années de ses amours passionnées avec Alain Delon, elle campe des rôles plus sombres dans des policiers ratés, à l’exception des Seins de glace où elle joue une psychopathe attachante. 

Avec une impressionnante filmographie riche de 77 films, Mireille Darc fut une actrice accomplie, aussi effrontée dans La Grande Sauterelle qu’émouvante dans L’Homme pressé. Malgré bien peu de chef d’œuvres, elle marque son empreinte singulière sur le cinéma populaire français et reste sans contexte une icône féminine. Elle inscrit à jamais dans nos mémoires sa silhouette de femme panthère à frange blonde, vêtue d’une célèbre robe noire au dos nu. 

Mireille Darc incarne une sensualité à mi-chemin entre Brigitte Bardot et Catherine Deneuve. Une élégance envoûtante et solaire.  

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