Dans la lignée des vamps et des garces, Viviane Romance est, avec Ginette Leclerc dont nous parlions la semaine dernière, la plus iconique de toutes.

Jacques Dacqmine et Viviane Romance dans L'Affaire du Collier de la Reine de Marcel L'Herbier
Jacques Dacqmine et Viviane Romance dans L'Affaire du Collier de la Reine de Marcel L'Herbier © Maxppp / Zuma Press

De son vrai nom Pauline Ortmans, cette femme fatale est née en 1912 à Roubaix. Mise en nourrice à l’âge de de trois ans, la petite Pauline fait preuve d’un tempérament bien affirmé qui se changera avec le temps en un caractère épouvantable.      

Elle débute à 13 ans comme danseuse au Théâtre Sarah Bernhardt puis au Théâtre du Châtelet. À 16 ans, tout comme son alter ego Ginette Leclerc, elle pose pour des cartes postales.   

Deux ans plus tard, la jeune femme est engagée au Moulin Rouge comme danseuse de premier quadrille dans La revue Mistinguette. Pauline devient alors Viviane Horty, un pseudonyme qui ne manque pas de piquant. Mais son physique ne laisse bientôt pas indifférent le beau Earl Leslie, partenaire de Mistinguette à la scène comme à la ville. Viviane attise ainsi la jalousie de Mistinguette, qui la fait mettre à l’amende. La jeune rivale va alors trouver la Miss dans sa loge en lui déclarant : « Vous n’êtes qu’une grand-mère ! Moi je suis jeune et quand vous serez crevée, j’irai danser sur votre tombe ». Outrée, Miss gifle Viviane, qui la soufflète en retour. Scandale dans les coulisses ! 

Viviane est renvoyée sur le champ. Le seul souvenir agréable qu’elle conserve de son passage au Moulin Rouge est la présence à ses côtés d’un boy nommé Jean Gabin. 

En 1931, elle apparaît comme figurante dans La Chienne de Jean Renoir. L’année suivante, elle est élue Miss Paris avant d’être rapidement destituée lorsque sa grossesse est révélée. 

Viviane Romance patiente encore cinq ans avant de s’imposer dans La Bandera de Julien Duvivier. Elle y incarne une prostituée aux côtés de Jean Gabin, puis retrouve les mêmes réalisateur et partenaire l’année suivante dansLa Belle équipe, qui reste sans nul doute sa meilleure prestation cinématographique.  

De grands metteurs en scène s’intéressent à elle : Grémillon, Chenal, Allégret, Decoin, mais toujours pour le même emploi de femme fatale, de courtisane ou d’allumeuse. Des rôles qu’elle dit pourtant ne pas aimer… 

En mars 1942, elle se joint au groupe d’acteurs invités par les Allemands à visiter les studios cinématographiques de Berlin, aux côtés de René Dary, Suzy Delair et Albert Préjean. Accusée d’avoir fréquenté l’Occupant avec un peu trop d’assiduité, Viviane Romance est incarcérée à la Libération.  

En 1956, son dernier film important porte un titre évocateur : Pitié pour les vamps. Viviane Romance apparaît une dernière fois dans Nada de Claude Chabrol en 1974. 

Alain Feydeau, petit-fils de Georges, lui a consacré une biographie éponyme. 

Viviane Romance était belle comme une panthère indomptable. On pouvait l’aimer ou la détester, elle incarne l’image même de la Vamp victime de punitions tragiques. 

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