Cette semaine on parle de Georges Clooney qui appelle au boycott des neuf palaces détenus dans le monde par le sultanat du Bruneï, d'un berceau indien qui a permis de sauver 100 bébés en 2018...

Georges Clooney
Georges Clooney © Getty / Duncan McGlynn

La femme de la semaine...  qui est un homme, un américain. Un acteur, plutôt du genre engagé. Un certain Georges Clooney, ça vous parle ? Lui, il parle. Enfin, il écrit. Dans une tribune publiée sur le site Deadline, il appelle au boycott des neuf palaces détenus dans le monde par le sultanat du Bruneï, soit par exemple, le Meurice et le Plaza Athénée à Paris. Oui car, mis à par le fait que ce micro-état musulman d’Asie du Sud Est est aussi l’un des plus riches au monde, c’est surtout l’un de ceux où l’application de la charia est la plus stricte. Or, à compter de demain, l’homosexualité, déjà illégale, devient un crime, passible de la peine de mort lapidation. De même que l’adultère, d’ailleurs. Le chanteur britannique Elton John a rejoint l’appel de Georges Clooney. Et cette après-midi, à son tour, le Quai d’Orsay a pris position, appelant le Bruneï à renoncer à ce projet. Super. Sauf que le monde s’est régulièrement ému, ces dernières années, des atteintes aux droits de l’homme commises par le sultanat. Bizarrement, on a vite oublié. Le Meurice et le Plaza Athénée vont très bien. Se pourrait-il qu’il y ait un rapport avec le fait que le Bruneï soit un état pétrolier assez accommodant… Non. Je ne peux pas y croire. 

L’objet de la semaine

c’est un berceau, un peu particulier, mis au point par l’hôpital public d’Udaipur, au Rajastan, en Inde. Comment il fonctionne ? A quoi il sert ? Mohamed Asif, pédiatre, chopé par Arte Info, nous fait une petite démo.  

Les 68 berceaux de l’hôpital ont permis de sauver 100 bébés en 2018. Principalement des filles, donc. Dans les régions les plus pauvres de l’Inde, elles sont surtout vues comme un fardeau… C’est une dot qu’il va falloir rembourser, des enfants qu’on élève pour d’autres, puisqu’une fois mariées, elles vivront sous le toit de la belle famille. Alors que les garçons, eux, vont rester à la maison et vont pouvoir travailler, gagner l’argent, mettre la main à la pâte – et même débarrasser la table. Mais non, je déconne. 

Résultat, d’après Human Rights Watch, il manque aujourd’hui 80 millions de femmes en Inde et en Chine – oui, la Chine connaît le même problème…

Un déséquilibre qui entraîne tout ce que vous pouvez imaginer d’enlèvements et de mariages forcés : ben oui, parce que, c’est ballot, mais du coup, avec 80 millions de femmes en moins, c’est un tout petit peu plus difficile de trouver chaussure à son pied et femme à marier. Du coup, l’Inde tente par tous les moyens d’endiguer le phénomène. Sur les réseaux sociaux, par exemple : le premier ministre lui même, Narendra Modi, avait lancé en 2015 ce hashtag, #SelfieWithDaugther, encourageant les pères à se prendre au photo avec leurs filles… Euh, ça n’a pas été forcément des plus efficaces. D’où ce tour de vis supplémentaire : aujourd’hui, les gynécologues ont l’interdiction formelle de révéler le sexe de l’enfant avant l’accouchement, pour éviter les avortements sélectifs… Ils risquent six mois de prison s’ils le font. 

Le chiffre de la semaine

24%. C’est le nombre moyen, dans le monde, de femmes siégeant dans des parlements nationaux… Le chiffre nous vient de la dernière étude menée par l’union interparlementaire et portant sur une cinquantaine de pays. C’est un petit peu mieux, un point de plus, que l’an dernier. Ça progresse, donc, mais très lentement. Et ça progresse surtout là où on a instauré des politiques de quotas – assortis de sanctions, évidemment, sinon, ça marche pas. Alors, peut-être, petite idée balancée comme ça, pour que ça avance plus vite… Et si – attention, hypothèse – et si on allongeait les congés paternités ? Je veux dire, si on essayait de répartir un peu plus équitablement la charge parentale, rapport au fait que j’ai ouïe dire qu’un enfant, bon, euh, a priori, ça se fait à deux et que donc, éventuellement, ce serait pas totalement juste que seules les femmes doivent appuyer sur pause, dans leur carrière ? C’est ce que vient de faire l’Espagne. Les pères peuvent désormais prendre huit semaines, indemnisées à 100%. Les deux premières sont obligatoires au moment de la naissance de l’enfant. Les six autres peuvent être prises quand on veut, dans l’année qui suit. Et les espagnols ne s’arrêtent pas là, puisque d’ici deux ans, le congé paternité atteindra les 16 semaines, soit strictement l’équivalent du congé maternité. Et en France, on est à combien ? Onze jours. 

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