Sept femmes poursuivent Amazon pour licenciement abusif. Enceintes, elles auraient demandé trop de pauses toilette.

Ici dans le centre de distribution Amazon de Staten Island, New York
Ici dans le centre de distribution Amazon de Staten Island, New York © Maxppp / Yann Foreix

Le tacle de la semaine

Envoyé par Corinne Diacre, sélectionneuse des bleues (ES), à quelque jours de l’ouverture de la coupe du monde de foot féminin. 

Pour ceux qui auraient raté l’info : ses joueuses ont dû quitter le Château de Clairefontaine en fin de semaine dernière pour laisser leur chambre à l’équipe de Didier Deschamps, qui préparait à un match amical. 

Sur les réseaux évidemment ça s’enflamme. Et donc ça parle sexisme, discrimination, c’est dégueulasse etc. 

C’est là que Corinne Diacre prend le micro, tape du poing sur la table, met les choses au clair, mais alors très clair. 

Je la cite, pour résumer : « Didier et moi, on s’était mis d’accord avant, mes joueuses ont été très bien relogées, les hommes sont prioritaires au château et c’est normal » Et paf, dans la face de tous ceux qui voudraient troubler la sérénité des joueuses : tout va bien sous le soleil de Clairefontaine. 

Pour ceux qui éventuellement pourraient penser que le foot est aussi une question politique, que c’est peut-être l’occasion de rétablir certains équilibres, voire d’attaquer certains préjugés.

On a le clip de la sélection allemande, difficile à traduire, le jeu de mots avec « balls », on n’en a pas, mais on sait s’en servir. Vous l’avez ? Elle, elle en a aussi. Un ballon d’or. Ana Hegerberg, joueuse d’origine norvégienne, attaquante vedette de l’olympique lyonnais. En Décembre, à 23 ans, elle était la première femme au monde à devenir ballon d’or. En juin elle sera pourtant absente des terrains. Elle va bien. La Norvège est en compétition. Mais non, elle ne participera pas à la Coupe du Monde. Evénement qu’elle boycottera, dit-elle, tant que les joueuses ne recevront pas le minimum du respect qui leur est dû. Et oui ça, c’est bien ma femme de la semaine. 

Les GAFA seraient sexistes ? 

De vous à moi, ça sent un peu l’élucubration féminazi, mais bon. Amazon est poursuivi par sept femmes pour licenciement abusif. Elles étaient enceintes, elles demandaient à pouvoir aller aux toilettes un peu plus souvent que ce que prévoit le règlement. 

Alors ok, ce n’est pas hyper agréable de se retrouver au chômage pendant sa grossesse, mais je suis désolée, objectivement, une pause de cinq minutes toutes les demi-heures, à la fin de la journée, ça te rend quand même un tout petit peu moins productive. 

Alors tu serres les cuisses, tu contractes ton périnée et tu penses à l’entreprise. Entreprise, qui, d’ailleurs, le répète au tribunal : Amazon met absolument tout en œuvre pour garantir une égalité de traitement entre tous ses salariés, quels que soient leur capacité, croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer, alors laissons faire la justice.

Et laissons faire l’algorithme de Google Image : vous prenez 30 actrices et 30 acteurs. Vous tapez leur nom dans Google Image. Pour les acteurs, on vous sortira en moyenne 82 gros plans sur leur physique, le reste des photos proposées étant plutôt liées à leur filmographie. 

Quand 182 clichés sont plutôt liés à une paire de fesse quand il s’agit des femmes. 

Alors certes, cet algorithme, comme l’ensemble de ces logiciels sur lesquels reposent ces Gafa sont tenus, conçus, pensés majoritairement par des hommes. Mais je ne peux pas croire que ça influence leur vision du monde. 

C’est comme Facebook, taxé de sexisme lui aussi, à cause de son fil d’actualité. 

C’est une enquête menée par un institut de recherche américain au Printemps dernier, portant sur 22 000 publications, tirées, elle, d’une trentaine d’organes de presse nationaux. On se concentre sur les images d’illustration de ces articles. 

Dans 53 % des cas, seuls des hommes y figurent quand 22 % seulement de ces photos ne montrent que des visages de femmes. L’écart se creuse encore quand on part sur des sujets dits sérieux. Si on prend l’économie, par exemple : sur 69 % des clichés, uniquement des hommes. Et elles sont où, les femmes ? Eh bien je ne sais pas… aux toilettes, peut-être ?

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.