La dernière campagne de publicité de Nike est 100 % féminine, avec Serena Williams en voix off. Giulia Foïs nous parle aussi cette semaine du dernier rapport sur l'égalité des genres en Europe par Eurostat et d'une étude qui prouve que les hommes résisteraient moins à la douleur que les femmes.

Capture d'écran de la vidéo officielle de Nike "Dream Crazier"
Capture d'écran de la vidéo officielle de Nike "Dream Crazier"

La vidéo de la semaine

C’est la dernière campagne Nike, qui s’offre l’hyper championne de tennis Serena Williams en voix off, pour dérouler à l’écran, une série d’images d’archives. Du foot, du basket, de la course ou du ski. Des visages tendus par l’effort. Des muscles saillants. La sueur perle sur des fronts plissés. Le regard se visse sur l’objectif. On est dans le dépassement de soi, on est chez Nike ou on l’est pas. Ici un sourire qui exulte, là, une colère qui éclate. Quelques défaites, de belles victoires, mais partout, la rage de vaincre, et l’envie d’en découdre. Sur ces images, des femmes. Rien que des femmes.

Folle, « Crazy », c’est le mot clé de cette campagne. Car oui, dit encore la voix off, il faut être folle pour courir un marathon, monter sur un ring de boxe, porter un hijab et oser croiser le fer. Oui, elle est complètement folle, celle qui gagne 23 grands chelems, fait un bébé et revient sur les courts pour gagner plus fort – ça, ça sent le vécu chez Serena Williams qui conclut : soyez plus folles encore. 

Alors je sais, ça peut sentir légèrement le féminisme washing. On peut se pincer le nez et se dire que, quand même, vouloir vendre des pompes en surfant sur la vague MeToo, c’est un petit peu facile, voire carrément opportuniste… Mais on peut aussi se rappeler qu’en France, au même moment, une marque de jean met des paires de fesses en gros plan sur des abri bus avec ce slogan : « liberté, égalité, beau fessier ». Là, tout de suite, on fait moins la fine bouche. 

Le chiffre de la semaine, c'est le dernier rapport Eurostat sur l’égalité des genres en Europe

En fait, j’hésite. Je pourrais prendre le « 66 % des femmes en âge de travailler ont un emploi, en moyenne, en Europe, contre 78 % des hommes ». Mais bon, c’est 66 %, six point de plus qu’en 2010. Donc on va dire que ça va dans le bon sens. Alors je pourrais choisir le « 16 % d’écart salarial moyen entre les hommes et les femmes ». Oui, mais souvenez-vous, jusqu’en 1965, elles n'avaient même pas accès à leur compte en banque. Donc on va dire que ça avance. Il y aurait bien ce « 75% des européennes ont déjà été harcelées sexuellement ». Mais bon, en même temps, si on peut plus draguer. 

Non, mais c’est vrai, le harcèlement, c’est quand même vachement subjectif, comme notion. Je ne sais pas si ça sert vraiment le combat pour l’égalité des sexes, ça, au fond, vous savez. Les violences physiques, c’est peut être mieux, non ? Un poing dans la gueule, au moins, c’est net, ça laisse des traces, ça parle, quoi… Et ça, oui, j’ai ! Une européenne sur trois dit avoir été agressée physiquement ou sexuellement au moins une fois dans sa vie depuis l’âge de 15 ans. Aïe. Elle « Dit avoir ». On n’est pas sur place quand ça se passe, alors on sait pas ce qu’il se passe. Donc ce chiffre là, je sais pas non plus. 

Celui là, au moins, c’est du fiable – et puis on est pile dans l’actu : on trouve, en moyenne, 27,9 % de femmes dans les parlements nationaux – soit moins d’un tiers des sièges. Au parlement européen, elles sont à peine plus : 36 % de femmes. 

Du coup, idée. Peut-être que dans trois mois, je dis bien « peut-être », on pourrait essayer d’aller tous ensemble vers une plus juste représentation de l’électorat… Hein ? Ah. Pardon. Dans le casque, on me dit que c’est fait. C’est une information du journal Le Point, citée par Eurostat, elle date de l’an dernier : "Le président du Parlement européen a été missionné pour écrire une lettre à la Commission et au Conseil européen afin d'attirer l'attention sur ce problème de sexe ratio" Oh, ben si il a été missionné l’an dernier pour écrire une lettre sur le sexe ratio, ça devrait bouger. Offrez-nous des fleurs le 8 Mars et tout ira bien !

Vous en rêviez, la science l'a fait : les hommes éprouvent plus la douleur que les femmes
Vous en rêviez, la science l'a fait : les hommes éprouvent plus la douleur que les femmes © Getty / Tharakorn Arunothai / EyeEm

Une étude assez révolutionnaire dans le genre

On est sur du breaking news là. Je ne comprends même pas qu’Amélie Perrier n’ait pas ouvert dessus, mais bon. Les hommes seraient plus intolérants à la douleur que les femmes… Non ? Si. 

C’est ce que vient de démontrer une équipe de chercheurs de l’université de Toronto. Ils ont enfermé une quarantaine d’hommes et de femmes dans une pièce. Leur ont comprimé 20 minutes l’avant bras à l’aide d’un appareil qui ressemble à un tensiomètre. Leur ont alors demandé d’évaluer la douleur ressentie sur une échelle de 1 à 100. Pour info, la douleur était si vive qu’ils n’étaient que sept à la placer au dessous de 50. 

Le lendemain, rebelote. Les chercheurs les enferment de nouveau, certains dans la même pièce, d’autres dans une pièce différente – et là je me demande qui sont les plus "chelous" : les chercheurs qui enferment des cobayes pour leur faire mal ou les cobayes qui y retournent après avoir eu mal, mais bref.

Rebelote, donc. Même brassard, même pression, même durée. Eh bien les hommes qui se sont retrouvés dans la même pièce que la veille, ont ressenti une douleur bien plus forte que la première fois et bien supérieure à celle des femmes. 

De là, les chercheurs en déduisent que les cerveaux masculins impriment beaucoup plus fortement le souvenir d’une douleur. 

De là, vous en déduisez, au choix… Que les femmes ont une mémoire de poisson rouge. Ou que les hommes sont des chochottes. C’est comme vous voulez. 

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