Condamné pour discrimination et violence de genre, Baby Etchecopar devra inviter 10 minutes par semaine des féministes sur son plateau. Giulia Foïs nous parle aussi d'une ministre de Jaïr Bolsonaro et d'un défi original pour le mois de janvier.

Elle s’appelle Damares Alves, elle est brésilienne et elle a même pas peur. Pas peur d’être, par exemple, l’une des deux seules femmes dans le gouvernement Bolsonaro… Où elle est ministre du droit des femmes. Ah non, pardon, l’intitulé du portefeuille a changé avec l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. On dit maintenant « ministre de la famille, de la femme et des droits de l’homme ». Comme ça, c’est plus clair. Femme de parole et de conviction, pasteur et avocate, elle saura prêcher et plaider pour ces causes qui lui tiennent à cœur.

Par exemple, l’IVG. Selon elle, c'est dépassé. Elle est contre. Et elle le répète. Celle qui se dit à la fois « profondément laïque » et « terriblement chrétienne », n’a pas peur de propulser le pays dans un monde nouveau.

Le Brésil entre dans une ère nouvelle. Désormais, les garçons s’habillent en bleu et les filles en rose. Elle est punk, mais un peu en carton quand même. Devant le tollé provoqué sur les réseaux sociaux par cette déclaration, elle a immédiatement reculé : « Les garçons et les filles ont bien le droit de s’habiller comme ils veulent », a-t-elle assuré. Merci beaucoup, Damarès.

 « C’était une métaphore de la théorie du genre », a-t-elle encore précisé. Une métaphore… on a tous du manquer de poésie. Bref, au cas où certains s’inquiéteraient,  elle conclut : « les droits de personnes LGBT seront respectés ». Et la prochaine fois, promis, elle nous présente son meilleur ami homosexuel !

Le condamné de la semaine

 Au moment où l'on se parle, il doit griffonner des petits bâtonnets sur le mur de sa cellule, avec ses ongles et jusqu’au sang. Un, deux, trois… Chaque jour qui passe le rapprochant de son pire cauchemar. Il s’appelle Baby Etchecopar, c’est une star de la radio argentine. « El angel del mediodia », « L’ange de midi », c’est lui.

« L’ange de midi », c’est un talk show extrêmement populaire, mais aussi des attaques récurrentes contre toutes ces « féminazis » que Baby Etchecopar, abhorre. Ces féministes « dégoûtantes », que l’animateur vomit jour après jour. Qu’il vomissait, plutôt, car ses remugles ont fini par polluer jusqu’aux oreilles de la justice argentine. Juste avant la fin de la saison, peu de temps avant Noël, il a été condamné pour discrimination et violence de genre. Condamné à offrir, à compter de la rentrée, prévue en mars, 10 minutes de temps d’antenne par semaine à des féministes, sans avoir le droit ni de les interrompre, ni de les critiquer, avant, pendant, ou après leur intervention et ce, pendant cinq mois. Allez, Baby, passe de bonnes vacances. 

Janvier poilu

C'est le "Janu – Hairy". Janvier poilu, si vous voulez. Cessez de vous épiler pendant les quatre semaines qui viennent, prenez-vous en photo, aisselles, maillots, mollets, photographiez et partagez sur les réseaux sociaux… C’est le challenge, le défi lancé aux internautes par une étudiante britannique de 21 ans, Laura Jackson. 

Sur un post Instagram, elle raconte, comment, pour une performance théâtrale, elle a du laisser sa pilosité naturelle pousser. Elle dit le malaise, qui fut le sien, d’abord, mais vite évanoui. Cette sensation de liberté, ensuite, qui ne l’a pas quittée depuis. Les interrogations, le scepticisme, voire les reproches de son entourage qui n’ont fait que la conforter dans son idée : ce modèle de peau lisse est une injonction de plus à laquelle les femmes sont soumises. Un carcan, voire un corset dont il serait temps de se dégager. Oubliez la cire et libérez la femme. A la poubelle le rasoir et que le corps s’éveille. Au rebut la pince, que la peau respire et que le poil exulte.

Une avancée pour les saoudiennes

C’est un pas de géant qui vient d’être… Enfin, plutôt, un petit saut de cabri. Mais petit à petit, l’oiseau faisant toujours son nid. Depuis dimanche, les tribunaux saoudiens sont tenus d’envoyer un SMS aux femmes dont les maris viennent de divorcer – oui, ça reste très unilatéral, là-bas, mais jusque là, les hommes pouvaient se « démarier » sans en avertir leur ex qui restait alors dans un flou juridique complet. C’est donc terminé. Les saoudiennes pourront désormais, elles aussi, se faire lourder par texto. Comme quoi, il y a quand même une justice.

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