Ça se passe en Grande Bretagne sur BBC 2 qui fait sa rentrée, avec une nouvelle émission politique, « Politics Live ». Aux manettes, Jo Coburn, une journaliste aguerrie et autour d'elle, un plateau 100% féminin. Une première qui n'est pas du goût de tout le monde outre-Manche.

Bonne nouvelle : un plateau 100% féminin en Grande Bretagne

Ça se passe en Grande Bretagne. C’est une grande chaîne qui fait sa rentrée, c’est une nouvelle émission politique, « Politics Live » qui se lance. Aux manettes, Jo Coburn, une journaliste aguerrie. Autour d’elle, un plateau composé d’éditorialistes politiques et de représentants de partis, travailliste comme conservateur, équilibré, donc, en termes de point de vue. 

Et c’est alors un déluge de commentaires offusqués sur la toile, une vidéo qui tourne en boucle, un public outré et un producteur sommé de s’expliquer. Rob Burley le fait au micro de nos confrères de France Info. What ??? Six femmes sur un plateau ??? Pas un homme pour nous dire comment va le monde, pour nous expliquer les dessous du dehors de la politique ??? 

« C’est une blague », commente Darrel sur Twitter. 

Pire, une blague sexiste, à voir s’étrangler la foule d’internautes indignés. Dont Alex, qui relève que « bien entendu, les femmes sont sous représentées dans certaines parties des médias, mais pourquoi les hommes et leurs idées devraient-ils être exclus de la conversation ? » 

Cher Alex, je sens dans ce commentaire comme l’appel au secours d’une virilité qu’on aurait bafouée. Je l’entends et je la comprends. Tu as raison. Oui, les femmes sont sous représentées dans certaines parties des médias. Tu vois, par exemple, en France, toutes chaînes de radio et de télé confondus, les femmes composent 38% du paysage médiatique. 

On tombe à 30% si on ne parle que d’experts ou d’invités politiques, pas de présentateurs. 

Et la situation déborde suffisamment la France pour que le CSA ait présenté à l’ONU, en mars dernier, un plan d’action global pour l’égalité homme femmes dans les médias

Tu sais comment c’est, Alex, les plans, les campagnes, et les projets à l’ONU… Alors t’inquiète, d’ici à ce que les hommes soient vraiment exclus de la conversation, on a de la marge.          

Bonne nouvelle (ou presque) : l'homosexualité n'est plus un délit en Inde  

Vous avez certainement vu ces images de foule en liesse dans les rues de Bombay ou de Delhi. Des jeunes qui s’embrassent, se tiennent par la main, crient de bonheur ou pleurent de joie. Après des années de combat, l’homosexualité vient d’être dépénalisée en Inde

Alors évidemment, on ne peut que se réjouir de ne plus voir croupir en prison, à vie, des hommes et des femmes, coupables d’avoir fricoté, voire, ouh là, aimé une personne du même sexe… 

Et en même temps… En même temps ce n'est pas gagné. Déjà parce que 71 pays dans le monde continuent de réprimer sévèrement l’homosexualité – et que dans 13 d’entre eux, c’est toujours la peine de mort

Mais surtout parce que la loi n’est qu’un jamais qu’un début. En France, par exemple, l’homosexualité n’est plus un délit depuis 1982. N’empêche que, selon le dernier rapport d’SOS homophobie, les agressions physiques de lesbiennes, de gays, de bi et de trans ont encore augmenté de 15% l’an dernier. On en compte en moyenne une tous les trois jours. 

Celle-ci, par exemple, il y a à peine deux semaines : fin août à Paris, on s’apprête à reprendre le boulot, mais on flâne encore un peu dehors… Et on s’embrasse, parce qu’il fait beau et qu’on est bien… Et ces deux jeunes femmes s’embrassent, parce qu’elles sont bien et qu’il fait beau. Mais lui, il dîne dehors avec ses enfants et ça, non, vraiment, il ne veut pas qu’ils voient ça, c’est dégueulasse, deux femmes qui s’embrassent, devant des enfants, einh ? Alors il leur dit de partir, sauf qu’elles se rebiffent et alors il se lève, et puis il les insulte, les menace de viol, si si et puis le bon père de famille finit par coller son poing dans la figure à l’une des deux – et ça, devant ses enfants, ce n'est pas un problème, visiblement. Bref. On est en France. On est en 2018. Et être lesbienne, en 2018, en France, en Inde, ou partout dans le monde, eh ben c’est ça, aussi.    

Bonne nouvelle : rien ne change !

C’est une vaste étude menée par le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, la première de cette ampleur depuis 20 ans. Et rassurez-vous : rien ne change ! 

Non, les réseaux sociaux n’ont pas tué les relations amoureuses puisque trois jeunes sur quatre vivaient en couple au moment de l’enquête. 

Non, le porno en libre accès ne les a pas totalement dévoyé et l’âge du premier rapport reste stable, à 17 ans, comme un peu partout en Europe. 

Par ailleurs, 53% des jeunes femmes ont déjà couché avec un partenaire alors qu’elles n’en avaient pas forcément envie, juste pour lui faire plaisir ou par crainte de lui déplaire contre… 23% des hommes. 

Voyez, rien ne bouge, et tout va bien !  

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