Purl vient de trouver un travail dans l'entreprise de ses rêves. Au début c'est compliqué, au milieu de ces hommes en costard gris, puis finalement, elle arrive à s'imposer. Purl, c'est l'héroïne du dernier Pixar, et c'est la femme de la semaine pour Giulia Foïs

La femme de la semaine

Elle est petite, un peu ronde, elle a la joue rose et l’œil grand bleu, elle est douce au toucher, elle s’appelle Purl et c’est une pelote de laine. 

C’est la dernière héroïne animée des studios Pixar et, au moment où commence le film, elle intègre enfin l’entreprise de ses rêves. La Bro Capital Team. Des cartons plein les bras et des rêves pleins la tête, badge rutilant au cou, elle croise son tout premier collègue dans l’ascenseur. Incroyable, dit-elle, unbelievable

« Je suis tellement, tellement contente ! Ça sent très bon, tout ça »

Et Purl se jette de joie, sur son bureau. Mais Purl va vite déchanter. Après ce premier vent dans l’ascenseur, un vent dans l’open space, un autre en salle de réunion, et puis un au déjeuner, et puis tiens, encore, un, à l’apéro. À ce stade, c’est même plus du vent, c’est de la bourrasque d’humiliation en pleine face. Il faut dire, elle fait tâche, la petite pelote rose, dans cet univers uniforme de costard gris. Elle a beau bosser, proposer, essayer, on ne la voit pas, on ne l’écoute pas, en fait, on la nie, quand on ne la moque pas, et en meute, tant qu’à faire. 

Tiens, ça me rappelle une certaine Ligue du Lol. Vous savez, cette bande de joyeux drilles, élite du journalisme 2.0, qui s’amusait à harceler de jeunes consœurs sur Twitter. Jusqu’à ce que ça pète, en début de semaine, et qu’ils soient tous suspendus, un à un. Mais on n’en est pas là. Non, là, Purl, elle fait comme nous toutes au départ. Elle baisse la tête, courbe l’échine, encaisse et fonce dans les toilettes. Elle se change, met un costume gris, tenue de circonstance pour se fondre dans la masse et paf, ça passe. Devenue plus misogyne encore que tous ses collègues réunis, elle gagne haut la main les concours de blagues dégueux à la machine à café et ne s’en sortira qu’à coup de sororité, en fait. D’ailleurs, dans la Bro Capital Team, tout le monde s’en sort, surtout, à coup de mixité. C’est le happy end de ce très joli film réalisé par Kristen Lester, tiré, évidemment, de sa propre expérience dans les milieux de l’animation. Posté sur You Tube ce week-end, le film a déjà été vu plus d’un million de fois.

La bonne idée de la semaine

Parlez de sexe à vos enfants. C’est pas de moi, je vous jure ! C’est l’actrice britannique Jamila Jameel qui l’a dit, à la tribune de The Makers Conference. C’est une sorte de club où l’on trouve tout ce que nos amis anglo saxons peuvent compter de figures artistiques ou intellectuelles et accessoirement féministes. Ce sont nos confrères de Loopsider qui ont attrapé la vidéo. Jamila Jameel commence par rappeler que, puisque le gène du sexisme, du violeur ou du harceleur n’existe pas, puisqu’on ne naît pas frotteur du métro, mais qu’on le devient, alors tout est affaire d’éducation. Mais comme les hommes, poursuit-elle, sont eux-mêmes socialement programmés pour intégrer une forme de masculinité toxique, ils seraient assez mal placés pour faire passer des messages. Alors oui, c’est aux mères de s’y colleter.  Et non, je ne me sens pas visée. Mon fils n’aimera que moi, évidemment.

Bon, si ça vous paraît un peu difficile à assumer, ou que vous adorez Fast and Furious, vous pouvez aussi les envoyer en perma-culture chez un couple gay. Un couple lesbien, ça marche aussi.

Je m’adresse, dans une volonté évidente d’apaisement et de conciliation, à tous ceux qui craignent la déferlante de gamètes, l’invasion de pipettes, l’avalanche de paillettes, ceux qui craignent le déclin d’une génération, l’anéantissement d’une civilisation, contaminée par la GPA, fagocitée par des PMA en pagailles, ceux qui, non, ne sont pas homophobes, mais qui, sincèrement, s’inquiète de l’avenir de tous ces enfants du 21ème siècle. Tous ces petits pervers dégénérés que la technologie in vitro fabriquerait en batterie. Attention, les enfants élevés dans des familles homoparentales vont bien. Deux études pour le prouver. Les deux premières faites au long cours, suivant ces enfants sur plusieurs années. 

L’une émane d’une équipe universitaire Belge, elle a enquêté auprès d’enfants néerlandais, entre 95 et 2005. Oui, les Pays Bas ont été les premiers à autoriser les personnes de même sexe à se marier il y a de ça, fiout, près de 20 ans.

Vous savez quoi ? Ces enfants là, ils sont mêmes meilleurs à l’école que les autres, dis donc. Au collège, comme en primaire ! Mieux, d’après un chercheur de l’université de Montréal, ils évoluent dans une famille où personne ne se sent contraint par des injonctions faites à son sexe. Ou chacun des deux parents s’investit équitablement dans les tâches domestiques et éducatives, assez librement, d’ailleurs. On invente, on crée, on se permet d’être à la fois dans le jeu, dans la transmission des valeurs, dans la protection, dans l’autorité et dans le soin. Sans avoir besoin de choisir l’un ou l’autre de ces rôles. Et l’étude conclut : en fait, ce qui compte pour le bien être d’un enfant, ce qui fait de nous des bons parents, « ça n’est ni le genre, ni l’orientation sexuelle, mais le temps passé auprès de son enfant et ce qu’on fait de ce temps là ». Voilà. Et puis un jour, on ne se posera même plus la question.

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