L'objet de la semaine, un entonnoir, par le goulot duquel quelques femmes ont pu se glisser pour accéder à des postes à responsabilités depuis la vague MeToo...

L'objet de la semaine.... un entonnoir. Par le goulot duquel quelques femmes ont pu se glisser pour accéder à des postes à responsabilités depuis la vague MeToo. C’est le New York Times qui publie cette infographie. Et qui complète les chiffres que je vous avais donnés ici : en un an, 920 accusations publiques de harcèlement et/ou de violences sexuelles ont été portées contre des hommes de premier plan : Dirigeants d’entreprises, patrons de presse, hommes politiques etc. Parmi eux, 201 ont perdu leur job. Depuis, 124 ont été remplacés. Et sur ces 124 postes désormais pourvus, on le sait maintenant, 54 reviennent à des femmes. C’est bon ? Vous l’avez, l’entonnoir ?  

25% du total, donc. Si j’en crois ma météo marine, c’est du petit rouleau et pas du raz de marée, mais disons que ça commence à bouger. Alors attendez… Je regarde la liste des épaves échouées au fond de l’océan… Kavanaugh, Kavanaugh… Ah ben non, pardon, il n’y est pas ! Non, non, lui, rescapé : il siège à la Cour Suprême, et selon mes informations, il devrait même avoir bientôt son badge pour la cantine. Ce qui n’est pas tout à fait le cas de Christine Blasey Ford… Vous vous souvenez ? C’est cette femme qui avait témoigné contre Kavanaugh devant le Sénat, fin septembre, l’accusant de l’avoir violée quand ils étaient étudiants. Deux mois plus tard, elle ne peut toujours pas retourner travailler. Professeur de psychologie à l’université de Californie, elle croule, depuis son témoignage, sous les menaces anonymes et ne peut se déplacer sans gardes du corps. Ses avocats l’ont révélé à la radio publique américaine la semaine dernière : elle a dû déménager quatre fois. Comme quoi, Donald Trump avait raison. 

c’est à dire ?  

« L’époque est vraiment effrayante pour les garçons, aux Etats-Unis »… C’est ce qu’il avait déclaré au moment de l’affaire… Transformant mon entonnoir en mégaphone à bullshit… A billevesées, si vous préférez… Et provoquant encore un déluge de commentaires sur les réseaux sociaux. Le plus beau d’entre eux, on le doit à une jeune chorégraphe et performeuse, Linzy Lab. Elle a pris son ukulelé, composé une chanson, s’est filmée, a posté la vidéo sur youtube… Avec un grand sourire, elle nous rappelle que les femmes, passée une certaine heure, ne peuvent pas tranquillement sortir dans la rue tard le soir, prendre les transports en commun, mettre une mini-jupe, vous n’y pensez pas, et encore moins laisser traîner leur verre sur le comptoir d’un bar… Elle chante, joliment, même, et ça donne ça. 

Oh oui, l’époque est effrayante pour, vous, les garçons… Rassemblez-vous, faites du bruit… Dites combien c’est dur de savoir que les femmes que vous avez agressées peuvent sortir du bois à tout moment et mettre votre réputation en jeu… La vidéo est devenue virale : 12 millions de vue en quelques jours. Et ça, c’était ET mon chiffre ET ma femme de la semaine. 

La vidéo de la semaine ? 

Ex-æquo avec la chanson de Linzy Lab, nous avons des joueuses de hockey iraniennes fêtent leur médaille de bronze à l’Asia Cup. Elles sont filmées et l’image est partagée par les 95 000 abonnées du compte Instagram Varzesh Banovan. Femmes sportives, si je traduis. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais c’est un joli contournement de censure… Depuis les années 90 seulement, les iraniennes peuvent participer à des compétitions officielles, sauf en lutte, en natation, ou en boxe. Là, leurs corps ne seraient pas assez couverts, pour les autorités iraniennes. Les autres sports, ça passe - avec un voile sur la tête - mais attention : on ne filme pas, on ne retransmet pas – pas question de choquer un public conservateur. Les sportives, athlètes ou adeptes, se débrouillent donc depuis quelques temps avec les moyens du bord pour gagner en visibilité, sur les réseaux sociaux. Ca commence à payer : tout récemment, des journalistes ont pu photographier un match de foot amical, à Téhéran, entre jordaniennes et iraniennes. Youpi. 

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