La rumeur court depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux : et si la Reine des neiges, l'héroïne de Walt Disney, était lesbienne ? C'est la question que pose Giulia Foïs cette semaine.

La tempête de la semaine

Ça grondait, ça grondait, ça montait, ça enflait et puis tout à coup, bam, ça a déferlé, sur les réseaux sociaux. Un éclair, puis deux, ont déchiré le ciel. Ici, des cris de joie. Là, un vent de panique. Partout, la bourrasque de la polémique. Elsa, blonde jeune femme au regard si franc serait-elle lesbienne ? La Reine des neiges aimerait-elle les femmes ? Alors ça y est, vous l’assumez ? Ça y est enfin, vous allez l’assumer, vous allez dire aux petites filles qui vous regardent qu’un autre happy end est possible ? Tweet après tweet, Disney est sur la sellette depuis quelques jours et c’est la question qui circule, avec quelques éléments pour étayer l’hypothèse.

D’abord, sur cette bande annonce de la Reine des Neiges 2 que vous entendez là, il n’y a toujours pas de Prince Charmant. Une princesse sans prince charmant ? Déjà, à la sortie du premier volet de ce qui reste, à ce jour, le plus gros succès commercial de Disney, c’est justement le détail qui avait déclenché toutes les spéculations sur la "lesbianité" d’Elsa. Un hachtag, GiveElsaAGirlFriend, « donnez à Elsa une petite amie », avait circulé sur Twitter. De nombreuses pétitions avaient été lancées dans la foulée... Pour rien. Motus du côté de Disney, zéro réponse depuis 5 ans, aucune prise de position sur le sujet. On sait juste qu’il suscite « beaucoup de discussion » au sein de l’équipe d’animation. C’est rigolo, parce que autant, qu’une princesse tombe amoureuse d’une bête poilue, ou d’un ogre vert qui pue, bon, pas de problème. Mais une femme, on discute, ok ? Ok, mais alors, qui est ce nouveau personnage qui apparaît sur ces images ? Une jeune femme aux cheveux bouclés qui porte des pantalons ? Je dis bien : des pantalons. Clairement, ça y est, pour les fans LGBT de la Reine des Neiges : le coming out sera fait à la sortie du film, dans quelques mois. Là où ils n’ont pas tout à fait tort c’est que, pantalon ou pas, la Reine des Neiges est déjà très différente des autres héroïnes de Disney. Plus forte, plus indépendante, plus courageuse… 

Mais au-delà : cette histoire de super pouvoirs qu’on cache, ce secret qu’on renferme en soi, alors qu’on brûle du désir de pouvoir s’exprimer. Cette jeune femme qui, pour être enfin heureuse et épanouie, devra partir de chez elle, quitter ce château ou elle étouffait, pour affronter le monde, grâce ou malgré sa différence. Au niveau de la métaphore filée, on est pas mal. 

"Libérée, délivrée, c’est décidé, je m’en vais", avouez que ça sonne un peu différemment à l’oreille, maintenant.

Le hachtag de la semaine

Il nous vient d’Algérie et il pourrait se traduire par « prisonnières du voile ». Les femmes qui ont rejoint le mouvement, sur les réseaux sociaux, protestent contre l’interdiction de sortir tête nue dans l’espace public. C’est Célia qui écrit : « aucune femme au monde n’a envie de s’enterrer sous des mètres de tissu, quoiqu'elle dise. » Toutes contestent l’idée assez répandue selon laquelle les femmes choisiraient librement de se couvrir la tête. Qui peut parler de choix quand tout ton environnement social ou familial te contraint ? Interrogent-elles. Le père de Sarah, par exemple, professeur d’université, qui la force à mettre le hijab à 13 ans, la menace de la retirer de l’école et de la marier de force si elle refuse. « J’ai tout haï, tweete Sarah, j’ai même pensé au suicide à 15 ans et aujourd’hui, à 27 ans, je suis encore obligée de le porter ». « Vous criez que porter le voile est une liberté, dénonce le collectif des Femmes Insoumises, mais vous faites vivre l’enfer à celles qui le retirent » Des voix comme celles-ci sont rarissimes, en Algérie. Elles font penser à ces iraniennes qui, de plus en plus nombreuses, ces derniers mois, sortent dans la rue pour enlever leur voile en public. Les algériennes sont un peu plus timides pour l’instant, mais ça y est, des hommes ont rejoint le mouvement, affichant leur soutien sur Twitter… Et on le sait, Fabienne, il est des combats qui ne se gagneront que quand les deux sexes s’y mettront. Je dis ça, je dis rien. 

Une étude incroyable menée par l’université de Washington. 

Les femmes ont un cerveau. Qui vieillit moins vite que celui des hommes. Alors que la communauté scientifique n’a toujours pas réussi à nous dire clairement si, ou à quel point, le cerveau variait structurellement en fonction du sexe, cette équipe américaine a constaté que la masse de matière grise diminuait plus fortement, avec les années, chez les hommes, que chez les femmes. Ou, dit autrement, les femmes gardent plus longtemps leurs capacités cognitives, sans qu’on sache très bien pourquoi – serait-ce, par exemple, l’usage abusif de la Playstation, ou un trop grand nombre d’heure passées au Salon de l’Auto-Rétro, je ne sais pas, Fabienne, je ne sais pas… Les chercheurs essaient toujours de comprendre pourquoi. En tous cas, au même âge, officiel, les cerveaux masculins auraient trois ans de plus que les cerveaux féminins, en terme de vieillissement. Comme quoi, en fait, ils sont très mûrs. A l’intérieur. 

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