Elle s’appelle Ruth Coppinger, elle est irlandaise. Elle siège à la chambre des Lords et y a brandit la semaine dernière, devant ses 157 collègues… son string.

Ruth Coppinger tient un string lors d'une manifestation de soutien aux victimes de violences sexuelles à O'Connell Street, Dublin.
Ruth Coppinger tient un string lors d'une manifestation de soutien aux victimes de violences sexuelles à O'Connell Street, Dublin. © Maxppp / Niall Carson / Press Association Images

La cinquantaine tranquille, bonnes joues, bon sourire et peau de lait, on pourrait dire qu’elle a « l’air bonhomme », si elle n’était pas une sacrée bonne femme. Oui car, cette enseignante dans le civil siège à la chambre des Lords. Enfin, elle s’y tient surtout debout, et droite, quand elle brandit, la semaine dernière, devant ses 157 collègues… son string. Si si. On le voit bien, il est kaki. L’assemblée, composée à 80% d’hommes, toussote, regarde ailleurs, certains rougissent comme des collégiens…
Mais Ruth Coppinger explique : 

Cela peut paraître embarrassant de montrer un string au Parlement irlandais. Mais à quel point doit-on être héroïque monsieur le Premier ministre ? Quel degré de courage devons-nous avoir pour pouvoir poursuivre un procès pour viol dans ce pays ? 

Non, elle n’a pas du se sentir très bien, cette jeune femme… Surtout que son string, exhibé, donc, devant un tribunal début novembre, a entraîné l’acquittement de celui qu’elle poursuivait pour viol. Ben oui, si elle portait un string, c’est qu’elle était consentante, logique…
Le verdict provoque un tollé, notamment sur les réseaux sociaux… Les internautes photographient leurs sous vêtements, les postent, les partagent, et on fait tourner le string, et il pleut de la petite culotte sur Twitter : elle est blanche, rose, bleue, en satin, en dentelle, en soie ajourée qu’importe y en a partout. Avec ce hashtag  #ThisIsNotConsent, ça n’est pas du consentement. La colère gronde, le mouvement enfle et déboule dans la rue. En tête de cortège, on retrouve Ruth Coppinger évidemment…
Quoi que nous portions, un non est un non.

Les habits ne sont pas un consentement

Traduction : je peux, NE PAS porter de ceinture de chasteté avec serrure cinq points et NE PAS forcément avoir envie de sexe. Je peux dire NON, sans que ça veuille dire OUI. Pardon, je ne prends pas les auditeurs pour des débiles, mais visiblement, certains messages ont du mal à passer.
Pour preuve, cet acquittement, dans une affaire de viol, à la cour d’assises des mineurs de l’Aveyron, il y a quelques jours. Le non consentement de la victime a été jugé difficile à établir. Elle avait 13 ans. Elle était déficiente mentale… 

Comme elle, une femme sur trois subira des violences sexuelles et/ou physiques au cours de sa vie – ce sont les chiffres de l’OMS.

D’où la journée mondiale du 25 Novembre.
D’où, l’appel à manifester, la veille, samedi, un peu partout en France, par le collectif Nous Toutes. Ruth Coppinger est la bienvenue : avec un peu de chance, on l’entendra plus fort que les gilets jaunes. 

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