Les règles, ça concerne un humain sur deux, environ 2 555 jours sur une vie. Mais le sujet est toujours aussi tabou, comme l'explique Giulia Foïs dans sa "chronique pour toutes".

Capture d'écran de la vidéo "Agissons contre le tabou des règles : #RespectezNosRegle" de l'ONG Care
Capture d'écran de la vidéo "Agissons contre le tabou des règles : #RespectezNosRegle" de l'ONG Care

Le jour se lève quelque part en Afrique. Dans une rue en terre battue, un chien sauvage. Dans cette maison ouverte aux quatre vents, une mère et sa fille. La mère attrape un cartable, sort de la cuisine, sa fille la suit. Elles marchent, côte à côte, pas un mot, pas besoin. Tout est dans cette étreinte, sur le trottoir, devant le grand portail de l’école. C’est la mère qui s’installe en salle de classe, la fille rentre à la maison étendre le linge. La première peut retourner à l’école parce qu’elle est ménopausée, l’autre a dû la quitter parce qu’elle est en pleine puberté. 

Une femme sur dix ne va pas à l’école pendant ses règles, sur le continent africain

Au Japon, certains métiers leurs sont encore interdits. 

En Afghanistan, elles n’ont pas le droit de se doucher pendant leur cycle et en Inde, pas le droit de cuisiner. 

Dans toutes les religions, absolument toutes, les femmes qui ont leurs règles sont considérées comme impures. Et, alors que ça concerne a priori un être humain sur deux, en moyenne 2 555 jours sur toute une vie - chut, on oublie. On cache, voire on exclut, on ostracise, on discrimine. Vous-même, d’ailleurs, au moment où j’ai dit "règles", vous avez sans doute pensé "beurk". Bien. Pensez au nombre de fois cette semaine, voire aujourd’hui, où vous avez parlé de vos autres fluides corporels : un petit œil qui pleure, un petit nez qui coule, et peut-être même quelques considérations gastriques dont, personnellement, je me serais bien passée… Dites-vous que c’est la même chose, et vous verrez, ça ira beaucoup mieux. 

Je vais vous en remettre une petite louche, allez. Non, s’introduire du persil dans le vagin n’a jamais aidé personne à avoir ses règles. C’est pourtant ce qu’affirmait tout récemment la version anglo-saxonne du magazine Marie-Claire. Oui, le persil est bien une plante « emménagogue », c’est à dire qu’elle contribue à réguler notre équilibre hormonal… Mais en décoction, en tisanes, voyez ? 

À la parution du papier, de nombreux médecins britanniques s’en sont étranglés, rappelant très officiellement les dangers qu’il pouvait y avoir à glisser tout et n’importe quoi dans notre anatomie intime. Devant ce tollé, le magazine a fini par supprimer son papier. Mais le persil, lui, continue son petit bonhomme de chemin. 

Ce n’est pas la première fois qu’il fait parler de lui en dehors des rubriques « cuisine » des magazines. Cet été, la presse argentine avait rapporté le cas d’une jeune femme morte suite à une infection provoquée justement par l’introduction de persil dans le vagin – décidément, c’est une manie. Elle l’avait fait, elle, parce qu’on racontait que le persil permettait des avortements spontanés. Et ce, dans un pays où l’IVG est toujours interdite. 

D’ailleurs, et je m’adresse à tous ces petits bouts de choux qui sentaient encore le lait et qui défilaient dimanche dans les rues de Paris pour dire non à l’avortement. C’est rigolo, hein, des ados qui veulent reprendre aux femmes ce droit à disposer de leur corps. Bref, c’est le moment où jamais de le rappeler : les avortements clandestins, c’est une femme qui meurt toutes les neufs minutes dans le monde. On a dit quoi, déjà ? Marche pour la vie ? Mon œil, oui. 

Un député trans siège au parlement allemand

Jusqu’à il y a peu, elle s’appelait Markus. Markus Ganserer était député au parlement régional de Bavière depuis 2013, avant de faire son coming out trans au tout début de l’année : « la vie de Markus n’était pas si mal, mais désormais, je suis Tessa », a-t-elle déclaré. C’est la toute première fois qu’un député trans siège au parlement allemand – et, de vous à moi, il ne doit pas y en avoir beaucoup au monde. E

videmment, elle est attendue au tournant. Evidemment, elle est scrutée de tous côtés et pas forcément pour des raisons politiques. Alors, il y a quelques jours, elle a pris les devants et tenu une conférence de presse. 

D’où sa volonté de s’attaquer aux discriminations que subissent les personnes trans, en Allemagne. Le discours était clair, posé. On pourrait être légèrement bluffé par ce qui s’apparente, tout de même, à une forme de courage… Mais non. Pas pour tout le monde. Pas pour ce député du FDP qui lui a lancé : « vous jouez à quoi, là ? A la drag queen ? ». Il y a du boulot, madame la  députée. 

La une de la semaine est celle de "Parents Magazine US"

Ils posent, en famille et toutes dents blanches dehors à la Une de Parents Magazine US - une bible en kiosque pour qui voudraient se reproduire. Ils sont beaux, ces parents, avec leurs deux jumeaux, ils sont jeunes, en santé comme on dit. 

Normal, Shaun est prof de fitness. Quand à Scott… Eh ben on s’en fiche de ce que fait Scott parce que la plupart des lecteurs se sont arrêtés à la photo de couverture, sans un regard pour les pages intérieures qui racontait les aventures de Shaun, Scott et des petits jumeaux. Faut dire : jamais un couple gay n’avait pris la Une d’un magazine aussi classique que celui-là

Je vous laisse imaginer les commentaires outrés des lecteurs et les appels aux boycotts venus des rangs les plus conservateurs. Les associations de familles américaines sont vent debout contre Parents. On lui reproche principalement d’endoctriner les jeunes générations, de leur faire croire que l’homosexualité, c’est normal, et pire, de leur donner des idées. 

Oh mon Dieu ! On lirait Parents et paf, on deviendrait homosexuel. 

Remarquez c’est vrai, moi, quand je vois un journal avec Beyonce en couverture, tout à coup je me sens beaucoup plus noire.

Programmation musicale
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.