A l’occasion de la journée contre les violences faites aux femmes, on s’est mobilisé(e)s sur la planète, avec le violet comme couleur de ralliement... Ou bien le noir, comme ce « point noir », dessiné dans la paume d’une main et diffusé sur les réseaux sociaux en solidarité avec les victimes de violences conjugales.

Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes le 24 novembre 2018 (Paris)
Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes le 24 novembre 2018 (Paris) © Maxppp / Christophe Morin

Il s’affiche, dessiné au feutre ou au crayon à maquillage, sur la paume d’une main, noire ou blanche, ridée ou potelée, et il tourne actuellement sur Facebook, Twitter Instagram. Sous la photo, ce hashtag, ce mot dièse, « point noir » ou « blackdot », en version originale et en signe de solidarité avec toutes les victimes de violences conjugales…
C’est l’une d’entre elles, une anglaise, qui avait lancé le mouvement il y a trois ans, postant ce message sur son compte Facebook : si vous apercevez ce point noir sur la paume d’une main, c’est un appel au secours.
Vous avez devant vous une personne sous emprise, qui a du mal à parler des violences qu’elle subit, mais qui a besoin d’aide. 

Partagé en deux semaines par cinq millions de personnes, la campagne avait fait le tour des Etats Unis et de l’Australie, avant de revenir en Europe, pour déferler sur l’Espagne ou l’Italie.
Elle est arrivée chez nous, en France, ce week-end, parce que ce week-end y avait ??? Y avait foot. Ben non, Fabienne, y avait manif, évidemment…

Le 25 Novembre, c’était la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Et le 27, c’est le moment où on fait les comptes.  

Et avec la banque mondiale. Qui a compilé toutes les données que l’on avait concernant : les mariages forcés, les mutilations des parties génitales, les menaces, coups, blessures, intimidations, harcèlements et/ou viol subis par la moitié de l’humanité… Ça nous donne… A l’arrivée : 70% des femmes dans le monde qui sont confrontées à des violences morales et/ou physique au cours de leur vie. C’est le plus grand risque auquel elles sont confrontées de 15 à 44 ans, devant les accidents de la route, la guerre ET le paludisme réunis.
Pire : c’est chez elles qu’elles sont le plus en danger. Ca c’est le dernier rapport de l’ONU sur la question : six femmes sont tuées tous les heures, dans le monde, par quelqu’un qu’elles connaissaient. Et l’Onu déplore des chiffres qui ne baissent pas. 

« Aucun progrès tangible ces dernières années », note le rapport. De fait, en France, quand on dit que 130 femmes ont été tuées, par leur conjoint, leur petit ami, ou leur ex, en 2017, on dit aussi que c’est la même chose, d’année en année. On dit encore que ça nous fait une victime tous les trois jours. On dit enfin que  c’est l’équivalent d’un 13 Novembre tous les ans. Oui, 130 morts. Même bilan. 

D’où des manifestations organisées un peu partout dans le monde ce week-end et on commence par l’Iran…

l’Iran où l’on voit, de plus en plus souvent, des groupes de femmes manifester têtes nues, contre le voile et pour leurs libertés fondamentales… Grosse prise de risque là bas : on en a envoyé en prison pour moins que ça ! Qu’importe, ce week-end, dans les jardins publics, dans le métro, dans la rue, voilà ce qu’on pouvait entendre…. 

Des chants, des applaudissements, des rires et surtout, des femmes, dont le voile n’entourait plus que le cou… Et leurs cheveux couraient sur leurs épaules. Beau symbole, pour ce 25 novembre… Tandis qu’à quelques milliers de km, de l’autre côté de la frontière, en Turquie, d’autres femmes étaient refoulées par les forces de l’ordre. Elles avaient voulu se rassembler dans le centre d’Istanbul. Elles ont été dispersées à coup de gaz lacrymogène. En Espagne, en Italie, en Belgique ou en Suisse, elles ont défilé, avec quelques jolis slogans…  « Bats le pavé, pas ta femme », je l’aime bien, celui là… Mieux : « On ne naît pas femme, on en meurt »… Ou encore : « on ne naît pas soumise, on le devient ». Oui, évidemment, à Paris, l’ombre de Simone flottait sur le cortège… Cortège qui a rassemblé 12 000 personnes, tandis que des rassemblements avaient lieu à Marseille, à Rennes, à Nantes, à Toulouse… Un peu partout, en fait. On n’avait jamais vu ça depuis 1995… Ça n’a pas échappé à nos camarades journalistes, qui ont bien sûr compris que dans ce pays aussi il se passait quelque chose. Alors évidemment, dans les JT du soir, voilà ce que ça a donné.

Rien. Ou presque. Quelques minutes à peine contre 20 grosses minutes pour les gilets jaunes… L’invisibilité, on connaît… C’est pas neuf neuf… On espérait juste qu’à force de voir la parole se libérer, comme on dit, les oreilles auraient fini par se déboucher aussi… Qu’on n’aurait pas, aujourd’hui encore, à ressortir des slogans, des chants, nés avec le MLF. Eh ben si : elles l’ont fait et elles ont bien fait. Le duo Brigitte a rassemblée autour d’elle 37 chanteuses… Olivia Ruiz, Anaïs, Clara Luciani pour ne citer qu’elles. Elles reprennent ensemble l’hymne des femmes composé en 71 par Antoinette Fouque et ses copines. 

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