Quelques jours après avoir prononcé des lois très restrictives sur l'IVG, l'état d'Alabama refait parler de lui en censurant un mariage gay dans une série d'animation à la télévision.

Le mariage gay, censuré dans un dessin animé en Alabama
Le mariage gay, censuré dans un dessin animé en Alabama © Getty / Feifei Cui-Paoluzzo

La vidéo de la semaine

Elle concerne un homme, pour changer. Son nom : Mister Ratburn. Enseignant en classe de CE2 dans la petite ville d’Elwood City, il est l’un des personnages clé de la série Arthur, série d’animation américano-canadienne, qui cartonne depuis 22 ans sur la chaîne PBS. Dans les épisodes précédents, Mister Ratburn était amoureux, Mister Ratburn allait se marier, avec qui, on ne savait pas… Mi-Mai, arrive le D Day, le jour du mariage, Mister Rabturn remonte l’allée jusqu’à l’autel, avec, à son bras : son compagnon, le chocolatier de la ville. Stupéfaction dans les rangs des élèves : quoi ? Un homme qui épouse un homme, l’instit avec le chocolatier, mais est-ce à dire qu’il serait ? Hmm… Délicieux, ce gâteau. 

On s’en fiche ! Oui, c’est un monde nouveau, disent les élèves qui visiblement, s’en contre-cognent de savoir leur instituteur marié avec un homme. Ce qui n’est pas du tout l’avis de la télévision publique de  l’Alabama. L’épisode a été censuré, au nom de la confiance due à son public, un public qu’on ne voudrait pas choquer. Le mariage gay est pourtant autorisé depuis quatre ans en Alabama. Décision difficile à comprendre, sauf si on se rappelle que la semaine dernière, c’était déjà là-bas qu’on votait une loi Anti-IVG. De là à dire que le vent tournerait…

Le bijou technologique de la semaine

Bijou de sexisme tant qu’à faire. Ce sont nos assistants vocaux. Vous savez, ces appendices récemment greffés à toutes nos excroissances technologiques. Des esclaves virtuels que vous pouvez commander à travers vos tablettes, smartphone etc … Et ça vous balance de la musique, vous donne le trafic routier ou la météo, vous augmente le chauffage de la maison s’il est connecté. Conçues par tous les géants du secteur, Google, Amazon, Apple ou Microsoft, ces domestiques 2.0 auraient en commun, d’après l’enquête que vient de publier l’UNESCO, d’avoir été mis au point principalement par des hommes ce qui donne, à l’arrivée des voix de femmes et les prénoms qui vont avec : elles s’appellent Alexa, ou Cortana, par exemple. Servantes dévouées, disponibles et charmantes, elles sont prêtes à vous rendre n’importe quel service à n’importe quel moment de la journée. Le rêve hein ? Attention, vous pouvez avoir des assistants vocaux, avec des voix d’hommes. Mais les réglages par défaut de tous ces appareils prévoient des voix de femmes. 

À l’inverse, la plupart des GPS, eux, sont réglés par défaut sur des voix d’hommes. Ce qui veut dire, comme le souligne l’UNESCO, que quand il s’agit de se faire indiquer la route, de recevoir des ordres, on préfère un homme. En revanche, pour se faire bichonner, materner, assister… On prend une femme. Mais il y a mieux que ça ! L’équipe de l’UNESCO – qui a parfois de drôles d’idées il faut l’admettre – à soumis à ces assistantes vocales des sollicitations sexuelles et/ou des agressions sexistes. Réponse de Cortana ou d’Alexa ? Elles changent de sujet, plaisantent, ou flirtent. Jamais de réaction négative, encore moins de rappel à l’ordre. Cela dit, la vague MeToo étant passée par là, les marques, quand même, doucement, s’adaptent. Jusqu’ici, si vous balanciez à Siri, sur votre I Phone, « Hey, Siri, t’es une salope » -oui, il y a des gens qui font ça – elle vous répondait : « si je pouvais, je rougirais ». Réponse modifiée par Apple le mois dernier. Et remplacée par un simple : « je ne sais pas quoi répondre à ça ». Allez, on va dire que ça bouge. 

L’étude de la semaine

Elle fait un peu mal au couple. Repérée par Cheek Magazine, c’est un article du Guardian qui reprend les conclusions de la London School of Economics, département sciences du comportement. Si on prend l’ensemble de la population, femmes, homme, mariées, ou non mariées, les femmes célibataires et sans enfants en constituent le sous-groupe le plus heureux. Elles vivent plus longtemps, sont moins stressées, gagnent mieux leur vie. C’est tout le contraire pour les hommes qui, eux, ont visiblement intérêt à se marier. Espérance de vie rallongée, salaire plus élevé, prise de risque moindre, hygiène de vie meilleure. En un mot, ils se calment dixit les chercheurs. Bref, de deux choses l’une, soit on se découple, soit on essaye de mieux répartir la charge mentale ? Je vous laisse réfléchir. Vous avez quatre heures.

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