Une fois n’est pas coutume, soyons optimistes: c'est l’effet Nouvel An ! Au moment où tout le monde s’inquiète de l’évolution internationale dans l’année qui vient, regardons les raisons d’espérer, sur le climat, la paix, la démocratie. C’est le "Monde à l’envers".

La fonte de la banquise (ici en Antarctique) est un enjeu crucial
La fonte de la banquise (ici en Antarctique) est un enjeu crucial © AFP / Chris LARSEN / NASA / AFP

Je vous l’accorde : la COP sur le climat est dans les choux, les régimes autoritaires ont le vent en poupe, l’Europe est à l’arrêt, le terrorisme est toujours là, et les démagogues de tout poil séduisent les électorats. Donc on pourrait en rester là, fermer le ban et vous souhaiter une bonne année. Bonjour la déprime !

Mais on va donc essayer d’y croire quand même…

Commençons par le climat, parce que le réchauffement de la planète est l’enjeu mondial par excellence.

Il y a des indicateurs rassurants et des évolutions qui pourraient s’accélérer en 2019.

A la base, la mobilisation des citoyens s’accentue : en France, la pétition « L’affaire du siècle » et ses 2 millions de signataires en est un bon révélateur. Plusieurs grandes entreprises multinationales ont engagé leur reconversion, vers la voiture électrique, ou vers les énergies non fossiles. Les grandes métropoles mondiales limitent le trafic automobile et comblent le manque de volontarisme des gouvernements nationaux.

Et l’ONU est dirigée par un secrétaire général Antonio Gutteres qui a fait du climat sa priorité : il veut réunir tous les chefs d’Etat cette année.

La part des renouvelables dans la production énergétique mondiale a dépassé les 25%, l’Inde et la Chine sont très volontaristes sur le sujet, et la croissance en Afrique n’a d’autre choix que de se bâtir sur l’ensemble solaire / éolien / hydraulique / géothermie.

On se résume : pour enclencher la reconstitution la couche d’ozone, la planète a su se mobiliser. Elle doit bien être capable de le faire aussi pour sauver le climat. 

Une paix possible au Yémen et en Syrie

Et sur la paix dans le monde aussi, il y a des raisons d'espérer. C’est entendu : on ne vit pas chez les Bisounours ! Et il ne fait pas bon vivre en Afghanistan ou au milieu des cartels mexicains.

Mais 2018 s’est achevée sur des embryons d’espoir.

Au Yémen, les belligérants, fatigués de l’impasse, ont commencé à se parler. En Syrie, on semble se rapprocher de la fin des hostilités : ce sera la paix de Poutine et d’Assad, mais l’arrêt d’une guerre quand même. 

Plus utopique, mais on ne sait jamais, un plan de paix au Proche-Orient entre Israéliens et Palestiniens : c’est la promesse de l’administration américaine, qui entend dévoiler ses intentions sur ce sujet dès ce mois de janvier.

Improbable aussi, mais possible, l’instauration, dans l’ensemble du Moyen-Orient, d’un nouvel équilibre des forces entre Iraniens, Turcs, Saoudiens et Qataris. C’est une hypothèse concevable.

On pourrait alors basculer dans la région vers un gel des hostilités ou des conflits plus larvés, à plus basse intensité, comme c’est déjà le cas ailleurs, par exemple dans l’Est de l’Ukraine.

Et de façon plus globale, le XXIème siècle, malgré toutes ces guerres par procuration, reste pour l’instant beaucoup moins meurtrier que l’épouvantable XXème siècle, ses guerres mondiales et ses génocides.

La grande démocratie indienne à l’œuvre

Reste la démocratie: à première vue, il est difficile d'être optimiste. Mais en fait, tout dépend de l’endroit où l’on regarde.

Par exemple, regardons l’Inde. La plus grande démocratie au monde s’apprête à voter, les élections générales s’étaleront de mars à mai : 850 millions d’électeurs appelés aux urnes. Et les derniers scrutins partiels laissent penser que le nationalisme hindouiste au pouvoir pourrait reculer.

Qui plus est, les derniers mois de 2018, ont vu les droits des femmes fortement progresser en Inde.

La démocratie pourrait également marquer des points en Afrique. Cela dépendra des résultats en République démocratique du Congo après le vote de dimanche dernier, et aussi de deux grandes élections à venir en février, dans deux pays emblématiques : le Nigeria et le Sénégal.

Et là vous allez me dire : et l’Europe ? Et bien même l’Europe : on va donc y voter du 23 au 26 mai, avec un choix qui pourrait être mobilisateur entre les partisans de plus d’intégration européenne et les promoteurs d’un retour aux Etats-Nations.

Cela pourrait favoriser la participation, alors que l’abstention n’a cessé de croitre depuis 40 ans pour les Européennes : 57% d’abstention il y a 5 ans ! Si la participation augmente, ce sera une bonne nouvelle pour la démocratie.

Pour boucler le tour d’horizon, on peut aussi espérer une plus grande ouverture économique de la Chine. 

Et enfin, il y a Trump. Mais là, j’ai beau me gratter la tête, j’ai du mal à trouver une raison d’espérer !

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.