Six ans après le début de la guerre, 13 000 morts et un million et demi de déplacés, le conflit est très loin de trouver une issue, malgré l'apparent dégel diplomatique amorcé ces derniers mois.

"Pas de capitulation" demandent des manifestants à Kiev, le 8 décembre alors que le président ukrainien Zelensky rencontrait Vladimir Poutine à Paris.
"Pas de capitulation" demandent des manifestants à Kiev, le 8 décembre alors que le président ukrainien Zelensky rencontrait Vladimir Poutine à Paris. © AFP / Sergei SUPINSKY / AFP

Retour en arrière. Il faut tout d’abord se souvenir de Maïdan, cette place de Kiev devenue en 2013 le symbole de cette révolution pro-européenne qui a soulevé l'Ukraine. 

Quelques mois plus tard, après l’organisation d’un référendum - dénoncé par l'Ukraine et l'Europe – la Russie réplique par l’annexion de la péninsule de Crimée, dans la mer Noire. Dans la foulée, un autre front s’ouvre dans l'Est de l'Ukraine, où des milices séparatistes, soutenues et armées par la Russie - qui le nie - affrontent l'armée ukrainienne. Elles ont formé là deux républiques autoproclamées, la république de Donetsk, et la république de Lougansk. 

Six ans de conflit, 13 000 morts, 1,5 millions de déplacés

L'Ukraine est ce qu'on appelle un conflit gelé. Une guerre d’attente, d’usure, autour d'une ligne de front de 400 km, avec des sursauts de violence, des affrontements, puis des périodes d'accalmie. De part et d'autre, des tranchées avec leurs combattants qui se regardent en chiens de faïence.  Des villages entiers ravagés, fantomatiques. Des populations paralysées qui ne savent pas comment l'avenir va s'écrire.  

En 2015, la conclusion des accords de Minsk, négociés par l'ancien président ukrainien Petro Porochenko ont théoriquement prévu un cadre de sortie de crise. 

Ils comprennent entre autres la réintégration en Ukraine des zones tenues par les séparatistes en échange d'un statut spécial, proche d’une autonomie. Ils n’ont pourtant jamais été mis en oeuvre. Car ni les détails de ce plan, ni le calendrier prévu ne font les affaires de Kiev ou de Moscou. 

Dégel diplomatique

Début décembre pourtant, après trois années de gel diplomatique, premier mouvement avec la tenue à Paris d’un sommet pour l’Ukraine, en présence des parrains du processus, Angela Merkel et Emmanuel Macron: une première rencontre entre Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, arrivé au pouvoir en avril. 

Un humoriste vedette d'une série télé, sans aucune expérience politique, qui a gagné les élections en jouant sur la rhétorique antisystème chère aux populistes, en fustigeant la corruption des élites, sans sembler avoir pour autant de vision particulière sur le conflit au Donbass, tout en promettant être celui capable de ramener la paix. D’où les inquiétudes de ses opposants lors de ce sommet de Paris, qui craignaient de le voir capituler face à un Vladimir Poutine, autrement plus rompu à ce genre de bataille diplomatique.

Une blessure ouverte au cœur du continent européen »  Emmanuel Macron

Mais Volodymir Zelensky n’a pas cédé. Et du sommet, peu de choses sont sorties. 

Personne ne veut céder

Des promesses de petits pas, un petit recul des troupes, de chaque côté de la ligne de front, des échanges de prisonniers. Promesses mises en œuvre cependant, comme cet échange, le 30 décembre, de 200 personnes

Pas de quoi espérer pour autant un changement radical de position : les accords de Minsk, négociés à un moment où l’Ukraine était en position de faiblesse, sont aujourd’hui rejetés par l’opinion publique qui craint que l'autonomie promise aux régions séparatistes n’ouvre la voie à une fédéralisation, donc à un implosion de l'Ukraine. 

Et côté Russe, Vladimir Poutine n'entend pas plus céder, même si une normalisation avec l’Ukraine pourrait assouplir les sanctions que l’Union Européenne vient de prolonger pour six mois. 

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