Après l’annonce de Bernie Sanders, il y a donc déjà 10 candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 aux Etats-Unis. Face à un Trump controversé, les Démocrates pourraient avoir un boulevard, mais cette multiplication de candidats peut enclencher la machine à perdre. C'est "le monde à l'envers".

Bernie Sanders est entré dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020
Bernie Sanders est entré dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 © AFP / WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Ce serait un jeu, on pourrait tous y jouer. On appellerait ça : « Toi aussi, sois candidat à la primaire démocrate ».

Il faut avoir plus de 35 ans. Après, c’est un peu plus compliqué : avoir vécu 14 ans aux Etats-Unis. Et aussi, c’est vrai, avoir la nationalité américaine. Ca fait un peu trop de critères, c'est vrai, mais on ne plaisante qu'à moitié, parce que franchement, on ne sait pas où va s’arrêter cette inflation de candidatures au sein du parti démocrate : déjà 10 candidats. 

Plus 6 qui ont monté un « comité exploratoire ». Ça fait 16. Et encore 16 autres de plus auxquels on prête des intentions, dont des clients sérieux, l’ancien vice-président Joe Biden, l’ancien maire de New-York Michael Bloomberg, l’ex candidat au Texas Betto O’Rourke. Autrement dit plus de 20 candidats possibles, un record pour une primaire démocrate ! N’en jetez plus.

Rien ne les arrête, et surtout pas l’âge : Sanders et Bloomberg 77 ans, Biden 76. En cas de victoire finale, ils achèveraient leur mandat à 83 ou 84 ans.

Donc à l'inverse, on peut dire bravo à Richard Ojeda ! Ce sénateur de Virginie était lui aussi candidat, il est le seul à avoir laissé tomber : respect !

Le socialisme ou le centrisme

Au premier coup d’œil, beaucoup de candidats ce n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle : on est même tenté d’y voir une bonne nouvelle. En plus, il y a de la diversité.

Parmi les 10 candidats officiellement déclarés, il y a cinq femmes, deux noirs ou métis, un fils d’immigrés mexicains, une hindouiste, et un homosexuel revendiqué (précision utile parce que une telle revendication est sans précédent pour un candidat).

Il y aura donc le choix, avec 12 débats télévisés pendant cette primaire d’un an et demi.  Et on le sait, c’est le charme du système politique américain que de faire émerger de nouveaux visages, on pense à Obama il y a 10 ans. 

Mais, il y a un sérieux mais ! Le risque, c’est la confusion.

D’un côté on trouve des candidats se revendiquant très à gauche, comme l’élue du Massachusetts Elizabeth Warren, voire socialiste comme Bernie Sanders, rival malheureux d'Hillary Clinton la dernière fois: ils veulent un système de santé universel et une forte taxation des plus riches. 

De l’autre il y a des figures plus centristes, comme Joe Biden, la sénatrice de Californie Kamala Harris, l’homme du New Jersey Cory Booker, la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar.

Comment concilier Macron et Mélenchon, le problème n'est pas mince !

La dernière fois, le parti démocrate a perdu notamment parce qu’il n’a pas su incarner une ligne politique claire et homogène. Rien n’indique, dans ce déluge de candidatures, qu’il est capable de faire mieux cette fois-ci.

Trump se frotte les mains

En même temps, tout dépend évidemment de qui l’emporte à l'issue de la primaire. Mais là encore, les premiers indicateurs rendent dubitatifs.

Première option : on se base sur le taux de popularité sur la ligne de départ. Dans ce cas, les vieux de la vieille, Sanders et Biden, tiennent la corde. Pas forcément une bonne nouvelle pour incarner le renouvellement.

Deuxième option : le parti donne la priorité aux candidats capables de regagner le terrain perdu dans les Etats du Midwest qui ont basculé Trump. Là Amy Klobuchar du Minnesota a des atouts, mais sa notoriété nationale est faible.

Troisième option : celui qui récolte le plus d’argent gagne, vu le coût de la campagne : là encore on pense à Sanders et Biden (pfff) mais aussi à Kamala Harris (une nouvelle fois) ou à la New Yorkaise Kirsten Gillibrand.

Enfin quatrième hypothèse : le calendrier des primaires donne le tempo.  Retenez la date du 3 mars 2020 : super mardi où l’on votera dans 10 Etats, notamment en Californie, qui avance la date du scrutin. Atout là encore pour Kamala Harris, californienne. Vous noterez que je cite son nom pour la 3ème fois, petit pari personnel.

En attendant, à l’heure où nous parlons, il y a un heureux :  Donald Trump.

Maître de son parti, certain d’être investi, il se frotte les mains à la perspective d’avoir un adversaire marqué à gauche dont il pourra dénoncer, je cite, « l’extrémisme ».

Regardez son tweet de la nuit dernière, sur sa gourmandise à l’idée d’un duel face à Bernie Sanders : « Crazy Bernie vient d’entrer dans la course, je lui souhaite bonne chance »…

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