Un roman champêtre en plein Berry, et la petite-fille d'une sorcière qui a de drôles de pouvoirs...

Ce titre pourrait entraîner l’auditrice, l’auditeur à penser que j’ai là un roman qui traite du dossier judiciaire de Nicolas Sarkozy. 

Oui, une fadette en 2020 c’est un relevé détaillé des communications émises depuis un téléphone. Par un gars qui prétendrait s’appeler Paul Bismuth, par exemple. 

Or ce roman date de 1848, et si ,en 1848, on était dépourvu de téléphone, (oui y a un moment faut dire les choses) politiquement on savait également bien rigoler, vu qu’on faisait la Révolution Française, la troisième, que les libéraux et républicains pensaient que cette fois ci c’était la bonne, en avant la République, et puis non, les français se sont cognés 20 ans de Second Empire, merci bisous merci. 

Bon, alors quoi?! Quoi c’est cette fadette?? 

Eh bien, « fadette » en français c’est pas clair quand même parce que fadette c’est un mot berrichon, mais pour Georges Sand c’est une vraie langue. La sienne. C’est le diminutif de Fade (fée) et le féminin de farfadet. Oui, George Sand les désillusions politiques de 1848 elle les avaient pris pleine tête et avait jugé utile de rentrer chez elle sur ses terres du Berry. Pour écrire autre choses que des discours politiques, des choses sur la vie à la campagne. 

Sauf que le roman ne commence pas avec elle- la petite fée arrive quelques chapitres plus tard - les choses occultes, cachées ne se dévoilent pas immédiatement c’est le principe - d’abord c’est plutôt « Il était une fois une femme qui donna naissance à deux petits garçons en même temps ». Des jumeaux, donc. C’est toujours un peu extra-ordinaire la gémellité, ce n’est pas la norme, alors la sage-femme met en garde les parents :  « Empêchez les de se confondre l’un avec l’autre, et de s’accoutumer à ne pas se passer l’un de l’autre… si vous ne le faites pas, vous vous en repentirez grandement un jour ». 

Et qu’est ce qu’ils font les parents paysans des jumeaux ? Bien évidemment : tout le contraire. Sinon y a pas d’histoire, sinon y a personne chez les psy non plus et ça cette sorcière de George elle l’avait pigé bien avant la naissance de Freud. 

Bref, les jumeaux grandissent, ils sont blonds, beaux, bien bâtis, bien mignons mais si collés l’un à l’autre que là ça commence à devenir gênants. Alors le père des gosses décident de les séparer et l’un des deux, le plus solide, le plus raisonnable, Landry, est envoyé travailler dans une ferme voisine. Le jumeau plus fragile, plus doux, plus amiteux ne le vit pas bien. Litote… 

Sylvinet c’est un hyper sensible, on dirait en 2020. Et un soir d’orage, un agneau dans les bras, Sylvinet fugue du côté de la rivière qui enfle, lui qui ne sait pas nager, et voilà Landry à sa recherche, dans un paysage familier le jour, mais tout à coup, la nuit venue, inquiétant, inconnu : Landry a la trouille au ventre, cette nuit la rivière charriera des arbres, et peut-être le corps de son jumeau. Et puis, qui apparaît? 

La Petite Fadette, bien sûr. Qu’on appelle ainsi parce que la grand-mère qui l’élève est la mère Fadet, et que la mère Fadet soigne les gens du coin, et « à la campagne, on n’est jamais savant sans être quelque peu sorcier ». Et sa petite fille c’est pareil. 

Petite, maigre, noiraude, des yeux ardents de lutin, pauvre parmi les pauvres, mais savante, la langue très bien pendue, moqueuse, et qui n’a ni peur de la nuit, ni des orages. Elle dit à Landry, qui d’habitude la méprise un peu, qu’elle peut lui indiquer où se trouve Sylvinet. Mais qu’en échange un jour elle lui réclamera quelque chose, quoi elle ne le sait pas encore, mais qu’il devra donner cette chose. Et cette chose c’est très très …  la semaine prochaine … 

Merci Bisous Merci

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