L'oeuvre de Charles Baudelaire décryptée par Juliette Arnaud

Baudelaire n’est pas né à Charleville Mézières(comme Rimbaud), ni à Besançon (comme Hugo) , ou à Macon (comme Lamartine), il est né à Paris, mort à Paris, pas plus parigot tête de veau que lui, à part Gavroche, et comme lui,  

Si l'on demandait à la grande et énorme ville : Qu'est-ce que c'est que cela ? elle répondrait : C'est mon petit.

La grande et énorme ville change, explose même, pour Baudelaire et ses contemporains : le baron Haussmann est à l’oeuvre, sous sa houlette, on crève Paris de grandes artères, que la lumière soit!, et la lumière est! chassant une partie du petit peuple de Paris à la rue. 

Et Baudelaire qui n’est pas un poète romantique, que la grande et énorme nature n’inspire pas plus que ça  - au hasard : « Grands bois vous m’effrayez comme des cathédrales » ou « Je te hais, Océan » et de toute façon le ciel est souvent « livide et bizarre » - intitule la deuxième section des Fleurs du Mal : Tableaux Parisiens. 

Bien qu’installé dans le plus Paris de tout Paris, l’ile Saint Louis, poète maudit mais héritier de la fortune de son père également, Baudelaire observe. Et non content de voir ce que les bourgeois enrichis du Second Empire font semblant d’ignorer, il fait le travailleur de force : il excave, le chétif Charles. 

Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or. 

Les SDF de 1948 Baudelaire ne sont pas confinés - eux non plus - et un poème m’a attrapée fermement parce qu’il s’intitule : "A une mendiante rousse". A la rue, une femme ET rousse. Le tiercé dans l’ordre en terme de la loose. Au XIX ième, on avait beau aérer Paname, on restait sur la Jurisprudence Saint Louis, 1254, avec les femmes de mauvaise vie devaient se se teindre en roux « couleur des feux de l’enfer et de la luxure ». (cf : Nana, la cocotte impériale et son duvet de rousse chez Zola)

Cette mendiante rousse n’est pas un sonnet, c’est une succession de quatrains légers comme tout, pas d’alexandrins empesés de classicisme, des heptasyllabes et des tétrasyllabes, gracieux et légers comme des cabris,  

Voilà les deux premiers : 

Blanche fille aux cheveux roux  
Dont la robe par ses trous  
laisse voir la pauvreté  
et la beauté 

(tetrasyllabe)

Pour moi, poète chétif  
ton jeune corps maladif  
Plein de tâches de rousseur  
A sa douceur . 

(re tétrasyllabe de cabri) 

Voilà une chose que Baudelaire fait parfaitement : voir la beauté où les autres ne la voient pas, en espérant sans doute que quelqu’un la verra en lui, aussi et réchauffera son coeur blessé.

Et il le fait si parfaitement si musicalement qu’il inspire, je le crois, Jean Renoir lorsqu’il écrivit les paroles de la Complainte de la Butte pour son film French Cancan. Une histoire où un poète et une princesse rouquine de la rue s’aiment l’espace d’une nuit de pleine lune 

Pour savoir ce qu’il advient du poète, lisez les Fleurs du Mal en écoutant Cora Vaucaire … 

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