On repart sur les traces de Napoléon, et plus précisément en Autriche en 1805, avec Juliette Arnaud....

Aujourd’hui nous sommes donc à Austerlitz, grande bataille du 2 décembre 1805, considérée attention les bas nylons comme le chef d’œuvre tactique de Napoléon, surnommée la bataille des 3 empereurs, pourquoi? ... Parce qu’il y avait 3 empereurs, le notre, le russe Alexandre Premier et François Premier d’Autriche... il fait un grand soleil, nous sommes dans ce qui est l’actuelle République Tchèque... Oui alors c’est loin de la France, mais Napoléon pour vous situer en terme d’expansion c’est comme le variant dit "Anglais" et je cite Axel Kahn sur notre antenne il y a quelques jours : 

Le génie propre d’un variant plus infectieux c’est de se répandre. 

Austerlitz, Napoléon, Soleil, Génie. C’est le dress code de la journée du 2 décembre 1805. Et tout ça c’est dans La guerre et la Paix. Précisément. Et documenté au cheveu près, et maniant si bien les focales que très  vite on a la sensation d’y être. Et aussi tout aussi prestement (oui on peut faire deux mille pages et te donner une impression de vitesse, c’est technique mais c’est possible) on se réjouit de ne pas y être, de n’être ni hussard, ni artilleur, ni français, ni autrichien ou russe. Mais comme le précise Tolstoï lui -même dans sa préface, ce n’est pas un roman historique. Mais si quand même. Ce n’est pas non plus un roman pur. Mais si quand même. Il installe par exemple le Prince André à Austerlitz, qui lui est une fiction, qui rejoint un des patrons de l’armée russe, le Général Koutouzov. André :  "être exceptionnel promis à une brillante carrière" pour une minorité qui le trouve "simple et charmant" et pour tous les autres, un mec orgueilleux, froid et désagréable. Vous  ferez votre choix, moi de toute façon je suis Team Pierre. Mais André donc car courageux, donc en première ligne, et donc blessé violemment à la tête. A terre et qui regarde le ciel :  

Comment se fait il que je ne voyais pas auparavant ce ciel infini ? oui tout est vanité, tout est mensonge à part ce ciel. Rien n’existe que lui. Mais cela aussi n’existe pas. il n’y a que le silence, le repos. 

Et qui apparait entre lui et le ciel : Napoléon qui visite le terrain de la bataille qu’il vient de remporter :  

Si petit, si insignifiant en comparaison de ce qui se passait maintenant entre son âme et ce ciel si haut, si infini, où couraient les nuages. 

Oui le roman russe ouvre les portes au ciel et à l’enfer, selon la formule de G. Steiner il y a "les chaussettes sales ET dieu"... à la différence du roman français, par exemple. Pendant ce temps, mon Pierrot, mon gosse, mon frangin, mon poteau, n’est pas à la guerre.  Entre Moscou et Péterbourg,  Pierre Bézoukov est devenu richissime. Contre toute attente, lui le fils naturel hérite de son père. Il reste comme il est c’est à dire grand, gros, pataud, bon, généreux, naïf, mauvais sujet : les désordres et les excès et les abus d’excès c’est la vie de Pierre, avec ses copains hussards, des têtes brulées, bien esquintées, cruels quand la monotonie de la vie les fatigue. Mais il est devenu riche donc convoité et on le marie avec la belle Hélène, oui comme chez Homère, somptueusement belle, somptueusement veule et sotte également. Pierre est-il heureux ? Je cite Tolstoï :  

Il (Pierre) ne savait même pas si ce serait là un heureux événement, il prévoyait même vaguement le contraire, mais il était sûr que cela aurait lieu. 

Heureusement, il n’y a pas qu’Hélène Kouraguine comme figure féminine, il y a Natacha Rostov. C’est son premier bal, elle est si jeune :  

A peine entrée au bal, Natacha était instantanément tombée amoureuse, non de quelqu’un en particulier mais de tous

Mais tous c’est trop peut-être. Alors qui ? André? Pierre? une tête brûlée cruelle? 

Merci Bisous Merci

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