Ils dansent ensemble, ils ne se sont encore jamais rencontrés, mais ils savent qui ils sont, non seulement ils sont bien nés mais parmi toutes ces belles personnes qui peuplent la cour d’Henri II, ils brillent d’un éclat particulier.

Dans le tome 2, la Princesse de Clèves pige assez vite que bien que mariée, elle aime Monsieur de Nemours d’une vive passion. Elle le pige parce, quand elle croit que lui en aime une autre, la future reine d’Angleterre, Elisabeth la première, la Princesse de Clèves a envie de manger le carrelage de la salle de bains. Ce qui dans la langue du Grand Siècle, c’est à dire le 17 ième, celui de Madame de Lafayette, ça donne :

Elle est prise par un mal inconnu d’elle : Ce mal qu’elle trouvait si insupportable était la jalousie avec toutes les horreurs dont elle peut être accompagnée 

Comment peut-elle croire que Nemours en aime une autre? C’est qu’à la Cour d’Henri II, « l’ambition et la galanterie étaient l’âme de cette cour ». « L’amour était toujours mêlé aux affaires et les affaires à l’amour ». Bref, un nid de crabes. L’écrivaine sait de quoi elle cause, elle -même fait partie de la Cour de Louis XIV…

Dans cette cour ou dans l’autre , « Ce qui parait n’est presque jamais la vérité », c’est ce que lui disait sa mère, l’avisée Madame de Chartres. Seulement voilà la maman de la Princesse vient de mourir, pas de bol, juste avant elle avait deviné les sentiments de sa fille mariée et l’avait suppliée de tenir bon.

La Princesse veut d’autant plus tenir bon qu’elle constate qu’elle commencer à yoyoter sévèrement de la cafetière. Dans la langue du Grand siècle, cela donne :

Elle (la princesse) fit réflexion à l’inclination qui l’entraînait vers M. de Nemours, elle trouva qu’elle n’était plus maitresse de ses paroles et de son visage

Et ça pour Madame de Lafayette, c’est un problème majeur. Madame de Lafayette est une Précieuse. Oh je sais bien … vous pensez Précieuse comme Précieuse « ridicule », eh bien …vous pensez mal.

Par « Précieuse » ces femmes de lettres, idée tout à fait neuve dans l’Histoire des Lettres, ces femmes de lettres comme Madame de Lafayette ou Madame de Sévigné entendaient par ce qualificatif : « femmes qui se donnent du prix », des femmes qui se veulent accomplies, maîtresses d’elles mêmes et de leurs destins. Galante mais se méfiant des galants.

Et puis les hommes passent par là, s’irritent, donc se moquent d’elles et de leurs désirs d’émancipation, les appellent « Précieuses Ridicules », merci Jean-Baptiste Poquelin, bien aimable.

Alors oui, n’être plus maîtresse de ses paroles ou de son visage, c’est un problème. 

Que faire? Que dire ou ne pas dire? 

Merci Bisous Merci

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