Quand certains rêvent d'un lundi au soleil, Juliette Arnaud quant à elle, nous réserve un lundi sous la lune en compagnie d'un tueur en série misogyne et sans empathie. Une semaine lunaire s'annonce, n'oubliez pas la vitamine D pour le moral...

Si le titre ne suffisait pas à avertir la lectrice, le lecteur, qu’il s’apprête à lire une oeuvre noire, James Ellroy pose une citation de Shakespeare en préambule. Evidemment pas extraite du Songe d’une nuit d’été ou de Roméo et Juliette : il choisit Richard III. Un des meilleurs monstres de Shakespeare, celui qui dit « J’ai bien l’intention de prouver que je suis méchant, et que je hais les plaisirs frivoles des jours actuels ». La citation choisie par Ellroy : « Sur la terre la lune au visage pâle apparaît sanglante, et des prophètes maigres prédisent de leurs murmures des jours de crainte ». Voilà voilà : barrez vous les pâquerettes, va faire ta sieste Bambi, et entre ici James Ellroy. Avec un personnage dont on ne connait d’abord pas l’identité, mais comme il écrit de la poésie, on l’appelle le Poète. 

Je vous entends ricaner sur le mode « Ouais d’accord un gars qui écrit des poèmes, genre on va avoir peur, elle est folle comme un lapin Tatie Juju ». D’autant que le poète écrit également son journal intime. Ricanements derechef. 

Oui, mais voilà, dans ce journal, le Poète y décrit des femmes. Qu’il ne connait pas personnellement. Mais qu’il observe, espionne méticuleusement. Leurs modes de vie, leurs horaires, leurs vêtements. Des femmes seules. Des femmes indépendantes. Il a l’air supérieurement intelligent puisqu’il note des choses comme « Linda ne sait pas qui elle est, elle achète des vêtements pour qu’ils soient l’image de tout ce qu’elle pourrait être ». Et puis, une fois, qu’il a tout bien noté, saisi, ressenti même, qu’il a écrit « Je peux changer votre vie, Linda », il change effectivement la vie de Linda, et … il la tue. Linda et d’autres. Beaucoup d’autres.  On en revient au préambule, et là forcément, oui, « La lune au visage pâle apparaît sanglante ». Maintenant qu’on a tous bien les miquettes, qui pour faire face au Poète? (oui il faut quelqu’un sinon c’est pas un polar, suivez aussi!, je vais pas tout répéter, merde) Qui donc? Un mec qui déteste la musique. Non non : pas juste le free jazz comme le commun des mortels, ou la musique populaire comme Mélanie Bauer. Non. Un mec qui déteste toute la musique. Qui ne peut pas du tout en écouter. Qui est phobique de. Comme d’autres sont phobiques du gluten mais lui c’est pour de vrai. (les allergiques au gluten c’est pas la peine de m’écrire, je plaisante, merci, cordialement, bisous) 

Et qui en dehors de cette particularité, sur laquelle je vous éclairerai mais plus tard, est un flic du LAPD d’une quarantaine d’années, très grand, marié, trois enfants, nommé Lloyd Hopkins. Surnommé Le Cerveau par ses collègues. Qu’on voit dans un flash-back, au début du roman en 1965 pendant les émeutes de Watts, Rookie encore, il a 23 ans, et voici ce qu’écrit James Ellroy, voici comment Llyod Hopkins appréhende la ville à feu et à sang : 

« Avec sa haute taille il put regarder dehors sans difficulté. Au loin, il voyait la cuvette toute plate de sa L.A adorée, baignée de smog. des spirales de flammes et de fumée couvraient tout le périmètre sud. Lloyd pensa que c’était la plus belle chose qu’il ait jamais vue ».  

Donc je récapitule : un tueur en série particulièrement gratiné, et un flic qui n’a pas toutes les frites dans le même sachet. Un type qui flingue l’innocence et un autre qui veut la protéger. Et pourtant ces deux-là qui semblent à l’opposé de spectre ont un point en commun majeur. Que je vous livrerai mercredi. 

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