Pour la première fois dans l’histoire des livres, l’analyse des sentiments est au centre d’un roman. Elle n’est pas une péripétie accessoire. Et que ce soit une femme qui l’écrive n’est pas un hasard, bien sûr …

Nous étions restés avec trois protagonistes, la femme, le mari, l’amant (dans le sens de celui qui est aimé, rien d’autre), qui savent à présent qui aime qui. La Princesse alias Mamine se retire à la campagne pendant que son mari accompagne le nouveau roi à son sacre.  … 

Ah oui entre- temps Henri II est mort. Comme il a vécu. Ce grand sportif, lors d’un tournoi, s’est chopé un éclat de lance dans la tête. Ce qui est piquant, c’est que son père également est mort comme il a vécu. François Premier qui aimait (oui, Guillaume? Chasser et baiser des meufs!) est mort de la syphilis. 

L’ironie de la vie est décidément bien ironique. Alors que la mort rode, surgit l’érotisme. Oui, Charline, il y a de l’érotisme dans ce livre, voilà aussi pourquoi on le donne à étudier aux jeunes corps de 17 ans. 

Retirée à la campagne, la Princesse est seule. Croit-elle. Pimprelin rôde dans le noir. Stalker? Non, vu qu’il se sait aimé, à présent. Pour autant, il n’ose pas sortir de l’obscurité. Il regarde. 

Il la vit d’une si admirable beauté qu’à peine fut-il maître du transport que lui donna cette vue. Il faisait chaud, et elle n’avait rien sur sa tête et sur sa gorge que ses cheveux confusément rattachés.

Calmez vous, il n’y aura rien de plus, et moi, ça me suffit pour m’embraser.  

Le Prince de Clèves, fou de jalousie, a dépêché un espion, qui lui raconte la scène, et Dudule prend feu également. Lui, l’homme solide : 

Je vous adore, je vous hais, je vous offense, je vous demande pardon, je vus admire, j’ai honte de vous admirer

Et il en meurt du feu, au sens propre.   

La Princesse pourtant désormais libre aux yeux du monde choisira une autre forme de liberté. Je vous laisse le soin de lire ses raisons. Je file à la toute fin. Lui, Pimprelin :

Le temps et l’absence ralentirent sa douleur, et éteignirent sa passion

Notez que Madame de Lafayette écrit l’intérieur du coeur. En ce qui concerne la Princesse : 

Sa vie qui fut assez courte, laissa des exemples de vertu inimitables

Madame de Layette s’en tient à l’extérieur. Délibérément. Elle est en feu, la jeune fille : en elle, RIEN ne s’éteint. Sacré distinguo, non ? (pas comme Pimprelin) Juste avant, la Princesse avait dit à celui qu’elle aime : 

J’avoue que les passions peuvent me conduire MAIS elles ne sauraient m’aveugler. 

Et je ferai mienne sa maxime. 

Merci Bisous Merci

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