Juliette Arnaud nous a annoncé la semaine dernière que le Prince André n'était plus le fiancé de Natacha... Quoi ?! Comment ?! Elle nous explique aujourd'hui pour quelles raisons....

«Il y avait quelque chose dans cette vie que je ne comprenais pas, et que je ne comprends toujours pas».  

Voilà les mots terribles que se dit Le Prince André, salement blessé au ventre, au moment cette vie qu’il ne comprenait pas, et qu’il ne comprend toujours pas, se barre.  Ces moments sur lesquels on fantasme tous un peu : enfin voir les choses clairement, quand la mort approche, avec dieu ou ta mamie morte il y a longtemps qui te dit «Viens là mon minou tout va bien je t’ai fait un soufflé au fromage»,  voilà ce que se dit le Prince André, ce grand pessimiste. Alors oui, La Vie (avec des majuscules existentialistes ) et puis aussi : Natacha. Parce que le Prince André Bolkonsky a le coeur brisé. Même s’il fait tout haut «l’orgueilleux et l’amer» face à son meilleur ami Pierre. Pourtant elle n’est pas mystérieuse et intrigante, Natacha, mais elle est jeune. 

Il est parti un an, Natacha l’a attendu, et puis elle comprend qu’elle n’est pas précisément désirée par sa future belle famille, jugée trop jeune et tête folle pour s’occuper du fils du Prince. Et puis, un soir à l’opéra, Anatole Kouraguine, frère d’Hélène, l’épouse de Pierre.Il est beau, genre irrésistible, il est enflammé, Natacha ne demande qu’à prendre feu, il se propose de l’enlever. Elle dit oui.  Bon, alors il est marié,  et il n’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir : le rapt échoue. Natacha dans l’affolement et la honte écrit à André pour rompre, puis essaye de se tuer. Pierre le meilleur ami s’entremet pour sauver leur histoire, rien ne fonctionne. Le Prince Bolkonsky part à la guerre, Natacha ne perd pas sa vie mais sa joie de vivre. La bataille où André est blessé à mort s’appelle la bataille de la Moskova. Bataille de Borodino pour les russes.  Récit effroyable où personne ne comprend rien, ne voit rien, Napoléon et ses généraux donnent des ordres sans voir le champ de bataille, idem chez les russes, c’est un bordel sans nom, et en plus, on nous précise que Napoléon a le rhume.  

Cette bataille terrible est-elle une réelle victoire pour l’armée française ? Elle parait telle, le vieux général Koutouzov lui y voit une blessure d’autant plus mortelle pour l’armée française que Napoléon considère qu’il a vaincu. Alors il avance pendant que les russes ne cessent de reculer. Et nous voilà à Moscou. Moscou brûle-t-elle? Oui tout à fait . Sauf que c’est pas exactement la version apprise à l’école. De la même manière qu’on a appris récemment que Von Choltitz n’avait pas réellement empêché Paris de brûler, cf le film et ses mémoires, il a pas eu le temps, c’est tout. Bref Moscou brûle mais pas pour les raisons qu’on connait, je cite Tolstoï vous pourrez frimer dans vos diners en ville... euh sur zoom  :«C’est aux pipes, aux cuisines, aux feux de bivouac, à la négligence des soldats ennemis campant dans des maisons qui ne leur appartenaient pas, c’est à tout cela qu’a été dû l’embrasement de Moscou». La sauvagerie des français, le patriotisme de Rostopchine? Récits rétrospectifs et fantaisistes. Et puisqu’on en est à la fantaisie, il faut à présent revenir à Pierre. Lui le non militaire a tenu à voir et de très près la bataille de Borodino, il s’en est sorti après avoir failli étrangler de sa poigne d’ours un soldat français, il est revenu à Moscou qu’il refuse de quitter comme tous les aristocrates. Lui qui jusqu’à présent a plus ou moins toujours suivi le mouvement indiqué par d’autres, avec son éternel  «A quoi bon?!» en tête, s’entête. Il ne quittera pas Moscou, il va attendre que Napoléon soit en ville et il va, tout simplement l’assassiner. Eh ben vlà autre chose ... Mais ce sera pour vendredi  

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