La nature est dans les 4 poèmes que j’ai choisi. Ce ne fut pas une tâche difficile, le motif ne cesse de s’imposer dans tout le recueil qu’il soit en majeur ou en mineur, qu’il soit tout devant, jeune premier, ou décor. Ou comme ici objet métaphorique dans le poème intitulé Après l’hiver.

D’un côté la nature qui semblait endormie voire morte en hiver, et qui au printemps s’éveille, petit miracle renouvelé. Oui, oui, je maintiens : miracle. Il suffit pour s’en convaincre de relire La Route de Cormac McCarthy, roman post apocalyptique, où « Tout semble gris. Le soleil ne réchauffe plus, la lumière n’illumine plus, la pluie ne nettoie pas les cieux, le vent ne clarifie pas l’horizon » et on se retrouve « Marchant sur le monde mort comme des rats tournant sur une roue ». 

Voilà, c’est terrifiant, j’ai mal au ventre, mais j’ai atteint mon point : la nature qui revient c’est un miracle. Donc ma métaphore, enfin celle d’Hugo, d’un coté le réveil de la nature et de l’autre coté le réveil d’un amour.

Et Victor en amour il s’y connait

Oui oui dramaturge révolutionnaire le lion superbe et généreux. Oui tout à fait, poète et romancier de génie. Oui certes, satiriste et opposant à Napoléon le Petit. Oui bien sûr, enterré avec l’intégralité du petit peuple de Paris qui trotte autour, tout ça, mais n’oublions pas qu’il a pris le temps de passer son bafa en amour et qu’il a été reçu avec les félicitations du jury… Il a aimé. 

Litote à la façon de Madame de Lafayette. Pour rappel, lors de son exil à Guernesey, il est parti avec femme et enfants mais également avec dans sa petite valise cabine, sa maîtresse, Juliette Drouet. On a connu des goulags plus frugaux.

"Winter is coming" était une menace, "Après l’hiver", une promesse. 

Et ce, dès la première strophe : 

Tout revit, ma bien aimée! Le ciel gris perd sa pâleur; quand la terre est embaumée, le coeur de l’homme est meilleur 

Le ciel, la terre, le coeur de l’homme. Le poète incite la femme qui l’aime à oublier l’hiver, la saison d’alarmes, (en gros, la saison des engueulades à Ikea) , et à s’inspirer  de la nature qui revit "Et partout, nos regards lisent/ Et dans l’herbe et dans les nids/ De petites voix nous disent/ Les aimants sont les bénis". 

Le mot est fort, "bénis" : la nature, le coeur des hommes, le sacré, comme liés dans un mouvement logique, circulaire, comme … je sais pas … comme un tourbillon. Merci Bisous Merci

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