Un conte de Noël, un plaid et un vin chaud… C'est tout ce dont on a envie après cette chronique littéraire de Juliette Arnaud.

John Le Carré appartenait à une catégorie enviée d’écrivains : ceux aimés à la fois par le public et les critiques. Ex collaborateur des Services Secrets Britanniques, devenu sommité des lettres. 

Charles Dickens, même catégorie. Ex pauvre, tourné dans son oeuvre vers les pauvres et les marges, reconnu de son vivant et super populaire. 

Un autre point commun qui peut avoir l’air anecdotique : l’un et l’autre avaient eu des pères continuellement endettés. Celui dont on a appris la mort hier admirait l’autre, disparu en 1870. 

Les analogies cessent, je crois, avec le titre du livre du jour « Un chant de Noël ». 

John Le Carré sa matière première c’était l’espionnage, la géostratégie ultra réaliste et la manipulation, bref des jeux d’adultes. 

On l’imaginait difficilement se lancer sur un genre d’hymne à la Noyelle, avec en sus des apparitions surnaturelles, comme l’a fait Chalres Dickens - je spoile que dalle, confère la préface de l’auteur en personne : « Petit conte spectral pour soulever le fantôme d’une idée ». 

« Conte » « spectral » « fantôme » « idée » : ah! voilà qui suscite ma concupiscence parce que sinon mon rapport à la Noyelle est assez … comment dire … disons que je fais partie de la catégorie de ceux qui à partir de mi-novembre ont le désir puissant de faire une cure de sommeil jusqu’à ce ce que les éboueurs aient ramassé tous les cadavres d’arbres desséchés qui hantent nos rues. (mais c’est pas grave, ce qui compte c’est qu’on a bien respecté la tradition). Bref, j’aime beaucoup Noël. 

A peu près comme le héros du Chant de Noël, le dénommé Scrooge, qui, au début du livre, répond à tous ceux qui lui souhaitent un Joyeux Noël : « Si je pouvais n’en faire qu’à ma tête,  tous les imbéciles qui parcourent la ville en criant «Joyeux Noël », seraient mis au four avec leur bûche de Noël et enterrés avec une branche de houx plantée dans le cœur ! ». 

En sus d’un naturel aimable, donc, Scrooge est un sale bonhomme. Il est riche, mais prodigieusement avare, il est dur, usurier, n’aime rien à part ses affaires, ça tombe bien personne ne l’aime, cet homme est un puit d’égoïsme, son âme est sèche, et de voir ce matin là tout Londres se réjouir de voir arriver la veillée de Noël renforce sa mauvaise humeur naturelle. 

Il ponctue chaque mouvement de joie de ses contemporains par un « bah …humbug » c’est à dire « Foutaises », c’est à dire en français bien français tellement français que ça n’existe qu’en français « Pffff n’importe quoi ». 

Bref, la veille de Noël, un des jours londoniens du XIX ième où entre la météo et la pollution à 3 heure de l’après-midi « il faisait déjà complètement nuit, et il n’avait pas fait jour de toute la journée », Scrooge alors que le reste de la ville va festoyer en famille, avec ses amis, se couche. Seul. 

Pas pour longtemps. 

Lui qui ne croit en rien, voit apparaitre devant son lit le spectre de son ancien associé Jacob Marley, mort 7 ans auparavant. Tout à fait mort, Marley, mais tout à fait présent dans la chambre de Scrooge également. Il y a de quoi être terrorisé, et Scrooge l’est, Marley est condamné à errer, condamné à regarder « ce qu’il aurait pu partager sur terre ». Et qu’il n’a pas partagé. Puisque Marley était le même genre d’homme que Scrooge. … hmmmhhh … ça pue. Il lui apprend que Scrooge va être visité par trois puissants esprits, trois esprits de Noël. Qu’il va être obligé de se poser la question qu’on devrait tous se poser à Noël, que même John Lennon nous posait. Qu’est ce que Scrooge a fait ou n’a pas fait? 

Merci Bisous Merci

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