Juliette Arnaud a lu et a adoré "L'armée des ombres" de Joseph Kessel écrit en 1943 et qui sera adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1969.

Grâce à ce livre, L’Armée des Ombres de Joseph Kessel, et je cite : « Si tous les corps de la nation étaient unis et résolus autant que le sont les cheminots, nos groupements n’auraient pas grand mal à travailler ». 

Je pose ça là, chacun avise, je ne suis pas madame Irma, moi, je ne lis pas dans le marc de café ou les boules de cristal, je ne fais que lire et relire et parfois des vieux livres. L’armée des ombres c’est effectivement un livre d’un certain âge, il a 76 ans, mais le chiffre qui compte réellement c’est sa date de naissance : 1943. 

1943, pendant la deuxième guerre mondiale, la Résistance existe, certes, elle s’organise, oui, à Londres, et sur le territoire français, c’est vrai, mais en 43, personne ne chante qu’il a ramené la coupe à la maison / à part les allemands, bien sûr… Et si vous êtes en train de vous offusquer, « Mais de quoi elle nous rebat les oreilles la mère Arnaud avec ses chansons-là, c’est bien le moment de penser à chanter », je réponds et d’une « Oh frère! souple … », et de deux, que c’est en lisant ce livre que j’ai appris d’où venait l’expression tellement militante « les lendemains qui chantent ».

Le narrateur principal, chef d’un de ces groupements de résistants, Philippe Gerbier, cite les mots d’un autre résistant, le journaliste communiste Gabriel Péri emprisonné par les allemands, puis fusillé, écrit dans sa lettre d’adieu : « Je suis content. Nous préparons les lendemains qui chantent ». De Londres, Kessel fait son travail de journaliste, et de résistant, et si personne n’a le coeur à chanter, haut et fort, puisqu’en 1943 les lendemains ne chantent pas, il co-écrit les paroles du chant des partisans. 

Et puis il écoute les récits des résistants sur le terrain, et les questions qu’ils se posent « Est-ce que nous les chefs faisons bien d’enflammer, d’entraîner et de sacrifier tant de braves gens et de gens braves, tant de naïfs, tant d’impatients, d’exaltés, dans un combat étouffant, dans une lutte de secrets, de famines, et de supplice ? ».

Et comme on n’est qu’en 1943, il maquille les noms des gens et des lieux, et les dates : une ombre nécessaire pour ne pas griller leurs couvertures, il insiste, alors qu’il est gaulliste, sur le courage et la force des communistes, sur la présence de résistants juifs alors qu’ils sont les plus en danger, sur la présence de femmes … comment oublier le personnage de Mathilde interprété par Simone Signoret dans le film de JP Melville, lui même résistant - toujours ce lien dans l’armée des ombres ,livre ou film, entre la réalité et la fiction.

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