Deuxième partie de l'analyse de ce classique où il est question d'érotisme...

« Quand on aime ses proches, on ne s’approche pas trop ». Slogan sur notre radio pour rappeler aux auditeurs que le virus subsiste. Avec l’exemple de la mamie qu’on va pouvoir voir. Et ça c’est super pour mamie. Mais quid des relations amoureuses? Préservatif ET masque, ça commence à faire beaucoup, non? les chaussettes? ça va ou on les garde ? Heureusement il y a Laclos. Laclos!

Et ne vous y trompez pas : c’est bien d’érotisme dont il s’agit dans les Liaisons Dangereuses. De l’érotisme dans une langue parfaite, certes. Et ça nous change. ça nous nettoie des SMS cradingues avec une orthographe en PLS. Des lettres troussées admirablement et torrides. Parfois rédigées avec les fesses d’une amante pour écritoire. Parfois écrites à l’encre de son sang.

Laclos élimine l’amour et lui substitue l’érotisme. Qui s’approche de ses proches? Dans le théâtre d’un château à la campagne, Valmont s’approche de Cécile, l’Innocente Pensionnaire, « la petite personne rieuse qui ne perd pas son temps à réfléchir », vous noterez la cruauté de la description. Il s’approche si bien que 

En vérité je lui ai tout appris … je n’ai excepté que les précautions

En clair : oui, elle est enceinte. Avec un peu de bol, la descendance de Gercourt sera l’enfant de Valmont. Coup double. Le Livre du Diable, vous disais-je…

Et toujours dans le château, mais de jour, Valmont tente de s’approcher de madame de Tourvel. Qui résiste. Mais … elle le trouve pas si pire somme toute. Elle croit que le bon air de la campagne le guérit de sa noire réputation de séducteur amoral. « Si j’avais un frère, je désirerais qu’il fût tel que M. de Valmont se montre ici ». Pendant que Valmont écrit à Merteuil : 

La vie que je mène ici est réellement fatigante par l’excès de son repos et son insipide uniformité

Madame de Tourvel en vérité tombe amoureuse mais résiste encore. Valmont le voit, il écrit :

Le plus beau moment d’une femme est celui où assurés de son amour nous ne le sommes pas de ses faveurs 

J’ai cent preuves de son amour, mais j’en ai mille de sa résistance; et en vérité je crains qu’elle ne m’échappe

Et il continue de prétendre à la marquise de Merteuil qu’il ne fait tout ça que pour se ré approcher d’elle. 

Pendant ce temps, Merteuil mène sa vie pépouze à Paris, elle passe pour une veuve dévote et sage, elle court le guilledou tant que ça peut et comme elle veut. Oui, au XVIIIième, une femme n’a que ça : sa réputation… (Est ce que ça a tant changé? Hummmmhhh pardon je m’étrangle…) En suivant à la lettre son dogme : 

Née pour venger mon sexe et maîtriser le votre, j’ai su me créer des moyens inconnus jusqu’à moi

Et Merteuil qui a oublié d’être bête devine ce que Valmont qui n’est qu’un homme refuse de constater : Valmont est peut-être lui aussi en train de tomber amoureux pour la première fois. Alors Merteuil le prévient. Valmont persiste : « C’est bon, je gère ». Et ça Merteuil, elle aime pas. Qu’on se mente à soi-même. Elle qui est « née pour venger son sexe et maîtriser celui de Valmont ». 

Alors elle va maîtriser. Comment ? 

Demain … 

Merci bisous merci …

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