Juliette Arnaud a lu l'anti-manuel d'économie de Thomas Porcher

Far far away on triait les enfants de la sorte : les intelligents, on appelle ça « l’élite » allait en S, les autres mais surtout les filles et quelques téméraires allaient en A, les plaies et bosses en G. En B, il y avait ceux qui arrivaient pas à choisir alors ils allaient en B. B comme Economie. (on est comme ça, nous les français, on est le pays de la Raison et du Rationnel). J’étais là et comme l’auteur, je l’affirme : quand on était en B, c’était pas par hasard : c’était qu’on était pas assez malins pour aller en S, comme Science. L ‘économie n’est pas une science exacte. CQFD. Et ça c’est c’est le point de départ de Thomas Porcher. « En réalité, il y a rarement de consensus en économie, et lorsqu’il y en a un … mieux vaut être sur ses gardes ». Or, en gros, la doxa économique commune, rabâchée à l’écoeurement, c’est Le Marché sait ce qu’il fait.      Or le propre de l’analyse économique c’est d’offrir des réponses « d’une part », et « d’autre part ». Ce qui faisait dire à Truman, le président pas le personnage de film, lassé des analyses « en même temps » (bisous Manu) qu’il voulait qu’on lui présente un économiste manchot. D’où son traité d’économie qu’il qualifie dès le titre « d’hérétique ». L’hérétique est celui qui s’inscrit dans un refus de l’orthodoxie. D’abord dans le domaine religieux. Qu’on a longtemps réglé en foutant le feu les hérétiques. En économie, c’est pareil. Moins le feu. C’est interdit désormais. Même Dominique Seux par exemple il a pas le droit de foutre le feu aux Thomas, que ce soit Porcher ou Piketty. Voyez comme on dérive : l’économie n’est pas une science, ok, l’économie n’est pas une religion, non plus. Ne doit pas en être une. Et c’est dans l’air du temps de ceux qui réfléchissent cette chose qu’on appelle la gauche. Ainsi, sur notre antenne, il y a quelques jours, j’ai entendu Raphaël Glucksman dire : « La gauche s’est convertie », encore le champ lexical de la religion . Pourquoi elle a fait ça gauche, au fait? Selon Raphaël Glucksman et je le cite : « Pour un confort de classe ». Et hop, on est rebelote dans l’économie. Alors c’est quoi le but de l’auteur? C’est de réarmer le citoyen dans le domaine du savoir économique. Par exemple, arrêter avec le mythe de la réussite individuelle. En gros, ça se résume par : « Le petit pourcentage d’individus qui s’accaparent la majorité des richesses a intérêt à faire croire qu’ils le méritent ». Que même Groucho Marx avait travesti en disant : « Je suis parti de rien, je suis arrivé à rien MAIS je l’ai fait tout seul ». Ca a l’air d’une blague, ce n’est pas seulement ça, Groucho moquait aussi ce mythe. Même pour arriver à rien, Groucho l’avait fait en équipe, avec ses frangins, Harpo, Gummo, Chico et Zeppo. Amis auditeurs, je vous fais une promesse : vous allez la gagner l’Engueulade de Noël. Mais si, vous voyez, celle-là que d’habitude tu perds parce que t’as pas forcément de réplique à « Ah tu l’as voulu ton Macron, c’est bien fait pour ta gueule ». Tu sais que vociférer : « Mais merde c’était au second tour, parce que j’ai peur d’Hitler ». Qui a son pendant : c’est le moment où le mari de ta soeur qui a fait une école de commerce te balance du chiffre comme si il les fabriquait, tu te fais ta petite fiche récap’ et tu lui mets la grêle sur son terrain à lui. Il est humilié, ta soeur le quitte, et à Noël prochain, finie, ni ni, l’engueulade de Noël. 

Merci bisous merci

Traité d’économie hérétique - Thomas Porcher - Editions Fayard 

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