L'un des classique de Molière décrypté par Juliette Arnaud

Le réquisitoire

Au XIV ième siècle, une légende veut qu’un homme nommé Don Juan avait assassiné un Commandeur dont il avait séduit la fille et qu’il fut foudroyé par le Ciel (avec une majuscule : en effet, il n’avait pas essayé d’éviter un orage en se mettant comme un benêt sous un arbre, il avait été puni de mort par Dieu lui-même). Mais ici on ne cause pas d’une légende, on parle d’un vrai personnage, celui écrit par Molière.

Celui plus précisément que Louis Jouvet, et à sa suite Jean Vilar ou Marcel Bluwal, en 1947, a remis, sur le devant de la scène, ou plutôt sur scène, après des siècles d’oubli. Attrait qui ne s’est plus jamais démenti. Comment est on passé d’une légende superstitieuse à un personnage de papier, puis à carrément un mythe du 20 ième siècle ? 

Question subsidiaire : peut-on passer à un autre mythe pour ce jeune siècle s’il vous plait merci beaucoup ce serait bien aimable… Pourquoi? Parce que dans la tête des gens, Don Juan n’a qu’une seule problématique que Claude Nougaro va résumer mieux que moi

Le seul problème qu’on se pose, C’est de séparer en deux portions, 55 kilos de chair rose De 55 grammes de nylon

C’est mignon presque, c’est rigolo comme le dit Sganarelle, « C’est un épouseur à toutes mains … pour contenter sa passion, il aurait épousé, toi, son chien et son chat ».

Iconoclaste, ira certainement jusqu’à dire ma consoeur, cette dinde, qui prétendra que Don Juan dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : 

Les inclinations naissantes après tout ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement.

Outre qu’une femme n’est pas une voiture, ou un tee-shirt H&M à cinq euros - Don Juan n’aime pas les femmes (foutue formule) , il aime la conquête - Don Juan méprise ses proies et tous les autres d’ailleurs, refusant dans un même sac et la morale et l’émotion-  c’est oublier que Don Juan n’est pas seulement séducteur, infidèle et menteur, il est hypocrite.

Comme Tartuffe. Oh dommage … « Moi je me vois bien Don Juan, je veux pas être Tartuffe, gnia gnia gnia ». Sauf que voilà, c’est bien d’abord et avant tout le portrait d’un hypocrite : mieux, Don Juan le revendique, quand Tartuffe le fait sans le dire nettement, Acte V scène 2. Mais ce ne serait rien s’il n’était pas également, harceleur, agresseur et violeur. 

Comment? Vous doutez, et pourtant c’est écrit en toutes lettres, Acte 1 scène 2, quand il a pour projet de séparer deux jeunes mariés,« Jamais je n’ai vu deux personnes être si contents l’un de l’autre, et faire éclater plus d’amour », ils vont faire une promenade en mer. Don Juan, cet être si valorisant : « Pour satisfaire mon amour, j’ai une petite barque et des gens avec quoi fort facilement je prétends enlever la belle ». 

Voilà voilà, je pose ça là… 

Merci Bisous Merci

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