.Le chef d'oeuvre de Stendhal décrypté par Juliette Arnaud

Il était une fois dans une petite ville de Province, un très jeune homme nommé Julien Sorel qui ne rêve que de Bonaparte - dommage c’est la Restauration - de conquêtes militaires - dommage! malgré son joli visage, il est bâti comme un moineau - de Jolies femmes - dommage il est puceau - de Paris - dommage il vit à Verrières, Franche Comté - de faire fortune - dommage son père est charpentier et le méprise et le bat, ses frères, des colosses ignares, aussi - Jusque là tout va mal. Alors il rêvasse. 

Sauf que « il abhorrait sa patrie. Tout ce qu’il y voyait glaçait son imagination ». Dommage.

Mais le petit jeune homme a oublié d’être bête. Et il est doté d’hypermnésie : il peut réciter du latin de textes sacrés aussi facilement que Guillaume débite des arguments pour ne plus jamais manger des animaux. Le talent de Julien le conduit à s’attirer l’affection d’un bon curé qui en sus de lui faire étudier la théologie le recommande au maire de la ville Mr de Rênal afin qu’il serve de précepteur à ses trois enfants.

Lequel Monsieur de Rênal est marié à Madame de Rénal. Ah attention, on arrive au coeur du poulet. Qui est cette dame? Une femme timide, « trente ans mais encore assez jolie », et surtout si naïve qu’elle ne s’est jamais avoué que son mari l’ennuie. 

Mariée à 16 ans elle n’avait de sa vie éprouvé ni vu rien qui ressemblât le moins du monde à l’amour   

En même temps c’est normal, son mari c’est Monsieur de Rênal, qui lui n’aime que ses titres et son argent, et n’hésite pas à donner son avis pertinent sur les femmes, notamment la sienne, avec des phrases bien senties comme : 

Voilà ce que c’est que les femmes, il y a toujours quelque chose de dérangé à ces machines compliquées 

Et qu’est ce qui arrive aux hommes qui pensent ou disent des phrases de la sorte? Oui, bon ben, je vais pas vous faire un dessin, mais c’est pas bon. Pour lui, mais pour personne en vérité.

Ni pour la tendre et pure et croyante Madame de Rênal qui n’est pas heureuse d’être amoureuse, puisque ce n’est pas de son mari. Ni pour Julien qui n’a que vingt ans et n’a pas oublié ses ambitions furieuses, toujours mises à mal, vu le siècle - l’époque - dans laquelle il vit. Supérieurement intelligent, quoique mal né, il écoute, il entend comment les affaires politiques sont menées à Verrières, et donc en France. 

Comment un certain Valenot est devenu un homme important à Verrières : « Il avait dit aux épiciers du pays : donnez moi les deux plus sots d’entre vous; aux gens de loi : indiquez moi les deux plus ignares; aux officiers de santé : désignez moi les deux plus charlatans … (à ceux-là) Il leur avait dit : Régnons ensemble ».

Stendhal haïssait son siècle, ça ne l’empêchait pas d’être drôle. Tiens ça me rappelle un autre jeune homme issu de la région Bourgogne Franche Comté. Alors quoi ? Julien deviendra-t-il prêtre ? Verra-t-il si à Paris les choses se passent autrement ? La suite au prochain épisode … 

Merci Bisous Merci

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