Le classique de la littérature de la semaine choisi par Juliette Arnaud, c'est le roman d'anticipation "Le meilleur des mondes"...

Roman dystopique donc censé représenter une vision horrifique du futur. Seulement voilà, attention : c’est pas 1984 (ou Big Brother is watching you même quand tu te mouches) , c’est pas Blade Runner (où il pleut tout le temps, et où quand quelqu’un rit c’est parce qu’il s’est fait mal) ou La Servante Ecarlate( où si t’es pas un homme, t’es mal), ou La Planète des Singes (où si t’es pas un singe, t’es mal). 

Ici c’est pépère : tu ne vas pas t’étrangler d’angoisse en lisant la description de ce monde 600 ans après le notre. (prudent Aldous …) En même temps, ça s’appelle le Meilleur des Mondes. 

Oui, les titres ça ne se choisit pas à pouf-pouf - Aldous Huxley a beaucoup pris de LSD mais plus tard, beaucoup plus tard. 

Alors comment est il ce monde meilleur? : une civilisation où les individus, créés en laboratoire, sont génétiquement conçus selon un système rigide de castes sociales, puis conditionnés afin de se satisfaire de leur sort. De sorte que même si tu appartient à une caste merdique, tu es gai comme un pinson. 

Les jeunes lecteurs vont être contents : au pire quand tu as un coup de cafard ou de moins bien, tu as libre accès au Soma, un médicament en libre circulation et même recommandé, les gens chantonnent « Un gramme à temps vous rend content » … oui, oui, tout à fait …et non : c’est pas Pablo Escobar qui dirige ce monde. 

Autre topic adolescent : La sexualité est tranquille, personne ne l’envisage plus comme « C’est comme ça qu’on fait des bébés ou des MST », c’est une sexualité récréative et qui est même instrumentalisée comme agent de stabilité sociale. 

Enfin, « familles, je vous hais! » c’est fini. Ici on a bien réfléchi sur  « Les dangers épouvantables de la vie de famille, plein de pères par conséquent plein de misère, plein de mère et par conséquent plein de toute espèce de perversion, depuis le sadisme jusqu’à la chasteté, plein de folie et de suicide ». 

Du coup, plus de famille, tout le monde est content content content, les gens heureux n’ont pas d’histoires, fin du roman, merci bisous merci. 

Tout doux bijou, c’est un poil plus compliqué que ça… Et le héros de l’histoire, alors ? 

Ah ben oui, il y a un héros … Un type de la caste supérieure, un Alpha, Bernard Marx (oui ici on est mondialisé/ mixé même dans les patronymes) qui ne se satisfait pas de son sort. Parce qu’il semble qu’il y ait eu un petit pépin dans son éprouvette de conception, il est pas bien bâti, pas bien joli, et conséquemment habité par des idées saugrenues : il ne contente pas d’être simplement une cellule du corps social. Enfin … ça, c’est ce qu’il marmonne … on pourrait aussi dire que Bernard Marx souffre dans son égo ne pas plaire aux femmes autant que les autres mâles Alpha. Ouais, ça ne fait pas un héros très sympathique. Sauf qu’un jour Bernard va passer quelques jours de vacances au Mexique dans ce qu’on appelle une réserve : un endroit que le monde nouveau a conservé en l’état (sale, pauvre et où on fait les enfants à l’ancienne) et là il va tomber sur un jeune homme, qui, bien que sauvage, a un physique rayonnant de beauté, et qui s’est éduqué en lisant de vieux livres écrits par un type nommé William Shakespeare. Ahhhh voilà un héros plus digne de nous … 

Le Sauvage rêve du Brave New World, citation de La Tempête et titre original, et vu que Bernard Marx rêve d’être populaire, il se propose de le ramener avec lui … 

Et là… 

Merci Bisous Merci

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