Juliette Arnaud a lu l'autobiographie de Thibault de Montalembert

« Au commencement était le verbe et le verbe s’est fait chair ». Evangile selon Saint Jean. Au commencement : Dieu qui s’incarne dans un corps, JC, par le truchement de sa maman La Vierge Marie. Or un acteur, une actrice, c’est celui/celle qui incarne ce qui avant lui n’étaient que des mots. Pardonnez ma maladresse d’expression, je suis agnostique, tout ça demeure pour moi très lointain, peu habité justement. Pour autant, souvent, l’histoire d’un lecteur, d’une lectrice (et celle de Thibault de Montalembert ne fait pas exception) c’est l’histoire d’une solitude. L’essence même du plaisir solitaire, bien plus que la masturbation. Ah oui, tout à fait, on le sait à présent : grâce à Louis CK, par exemple, l’acteur, qui pratiquait son plaisir solitaire devant un public choisi. Par lui. Le public lui l’avait moyen choisi. Bref). Une solitude qui te ramène au monde. Le verbe - la chair, c’est ça le chemin. Et le récit de ce chemin c’est finalement très cru. C’est même selon moi plus cru, « Se dit d’une lumière, d’une couleur que rien n’atténue » que n’importe quelle article de presse people où la partie la plus basse de toi se réjouira de la cellulite sur la cuisse d’une vedette ou de la mine ahurie d’une autre devant une clinique de désintoxication où il se prépare à soigner mollement quelque addiction. Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es. Dis moi comment tu as commencé à lire, où, dans quel état, révèle moi ce prisme et je saurai qui tu es, en lumière interne, en lumière cru, pas cuite. Avec Thibault de Montalembert, c’est pain béni. (blague cléricale, excusez c’est ma première). Imaginez : c’est l’histoire d’un petit garçon, dernier d’une fratrie nombreuse, esseulé donc, et dont la maman « rêvait d’offrir son fils à la très sainte Eglise Catholique», « Tu seras missionnaire, mon fils ». Au point que pour sa première incarnation, il est Curé de Cucugnan. Bon, maintenant, on le sait : Thibault de Montalembert ne s’est pas fait curé, il s’est marié pour être sûr que pas, et il est devenu comédien. Sauf que son cri du coeur quand il parle de son amour pour Racine prend la forme d’un prière pas tellement païenne : « Je crois que rien n’égale le vers racinien. Et je prie le ciel de bien vouloir m’accorder de le jouer ne serait-ce qu’une fois ». C’est rigolo ces constants allers et retours entre le religieux et le laïc qui est là dès l’enfance et les lectures. Les nuits peuplées de cauchemars de sorcières, au départ, qu’on contrebalance avec des lectures tout à fait dignes, Saint Augustin ou Bossuet, et puis le pensionnat en Vendée, terre de sorcellerie, et le chair, l’autre, pas Jésus Christ, qui picote avec les écrivains libertins du XVIII, Coucou Sade, et finalement la magie, pas occulte, mais lumineuse, celle du théâtre, « où par une sorte de rituel magiques, à l’aide des mots, les dieux, les héros, les hommes sont appelés, sinon convoqués à l’existence ». Quelqu’un qui aime suffisamment les livres pour savoir que même les meilleurs, les plus illustres, ne contiennent pas que des portes de sortie, mais parfois des portes comme celles de Nikita : « Elle était murée, la fenêtre, Bob. Murée». Oui, une vie dominée par les Essais de Montaigne comme celle de son père sera plus vulnérable qu’une autre sous l’emprise du Prince de Machiavel, au hasard. Livre de chevet de François Pinault. Et Un livre cadeau que Sivio Berlusconi offrait à ses amis. Et un point commun, un. Je pose ça là, chacun le traduit comme il le sent. Parenthèse fermée. lI appert que chemin est parfois hasardeux du verbe à la chair. 

Merci bisous merci.

Programmation musicale
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.