uliette Arnaud donne des cours de français pour préparer les élèves au bac. Elle analyse des oeuvres inscrites au programme, et elle propose toute cette semaine d’étudier “Les essais” de Montaigne...

En ce moment souvent je pense à un philosophe australien, si si ça existe, qui disait il y a déjà quelques décennies, « C’est un long chemin vers le sommet …si tu veux jouer le rock’n’roll ». 

AC/DC, 1975, « It’s a long way to the top if you wanna rock’n’roll », excellent morceau que je ne saurai trop vous recommander pour nettoyer vos sols au vinaigre blanc.

Michel lui est déjà au top. Littéralement. 

Dans sa bibliothèque, qui est en hauteur, dans un tour de garde, où il lit, écrit et rêve et s’assoupit et fuit l’agitation du monde. 

Michel se confine en quelque sorte. 

Comme nous, il pense à l’idée d’un Nouveau Monde. 

Nous pensons à ce que nous ferons après la guerre, de ce que nous ferons de la libération et de notre monde.

Michel lui vient de se prendre littéralement le Nouveau Monde dans la tronche. Par Nouveau Monde, entendez comme Joe Dassin, l’Amérique, l’Amérique…

Le Nouveau Monde et ses habitants, les cannibales donc, comme le titre du chapitre, les sauvages, les barbares. 

Et à rebours de beaucoup de ses contemporains, c’est à Platon qu’il songe. Avec regret. Le regret que Platon, qui s’était pas mal cassé la nénette à réfléchir à un condition heureuse pour l’homme, pour les hommes, grâce notamment à la philosophie, ne puisse lui aussi observer cette nouveauté et en tirer des enseignements. Voici ce qu’il voudrait dire à Platon : 

Que ces gens-là ont aussi des prêtres et des prophètes MAIS, distinguo majeur, à la première non réalisation d’une prédiction, s’il est attrapé, est découpé en mille morceaux. 

A cette cause, celui qui s’est une fois mécompté, on ne le voit plus … 

Mais surtout il dit :

« Voici un peuple qui ne connait aucune sorte de commerce (coucou Bruno Le Maire) ni aucune science des nombres, qui ne connait même pas le terme de magistrat, et qui ignore la hiérarchie, qui ne fait pas usage de serviteurs, et ne connait ni la richesse, ni la pauvreté, qui ignore les contrats, les successions, les partages, qui n’a d’autre occupation que l’oisiveté (c’est à dire le loisir) , qui ne porte pas de vêtements ».

D’où sa conclusion en forme de question, et ça c’est typique de Michel, il te pousse entre les omoplates pour que tu uses de ton librearbitre, 

Platon, trouverait-il la République qu’il a imaginée si loin de cette perfection?

Je ne sais pas pour Platon, mais moi, je souris et pas seulement rapport au non port de vêtements par les sauvages. Montaigne sourit aussi, puisqu’il conclut ainsi le chapitre Des Cannibales.

Tout cela n’est pas si mal. Mais quoi! Ils ne portent pas de pantalon 

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