Juliette Arnaud continue la lecture de ce classique de la littérature anglaise, et réussit même à faire le lien avec le G7, Angela Merkel et la Reine d'Angleterre.

Avant de vous expliquer quelle terrifiante activité occupe Joss Merlyn l’oncle de notre héroïne Mary Yellan : Petit détour au G7, qui vient de s’achever, qui avait lieu à Carbis Bay, Cornouailles.  La Reine, photo officielle, tout le monde est élégant en pantalon, tout le monde porte des vêtements unis, elle seule porte une robe à motif (des fleurs tout à fait printanières). On entend des petits oiseaux, le bruit des appareils photos, et sa petite voix flûtée de vieille dame, qui a fait plus de photos officielles que tous les autres présents, quelque puissants qu’ils soient, qui fait une blague de fausse ingénue parfaite :

« Are you supposed to be looking as if you're enjoying yourself? ». « Êtes vous sensés avoir l’air de vous amuser? ».

Je ne vous raconte pas ça parce que la Reine me plait follement, à égalité avec Brad Pitt et le Chardonnay, ou parce que sur la photo, en sus de la Reine, il y a deux autres femmes : Angela Merkel et Ursula Van der Leyen (3 sur 8, ça commence à ressembler à quelque chose cette affaire). 

(Oui, moi je fais le féminisme agressif à la différence de certaine invitées filles de la Matinale, ça doit être que j’ai plus le time et que jusque là mon côté conciliant m’a surtout servi à ce que d’autres s’essuient leurs crampons sur ma petite personne). 

Je vous raconte ça parce que ce coin du Royaume-Uni, les Cornouailles, c’est le pays chéri et d’adoption de Daphné du Maurier et que cette photo plus la petite vanne l’aurait bien fait marrer. Au fond de sa cabane, elle-même au fond de son jardin où elle s’isolait pour écrire, et oublier le reste, ce qui n’est pas l’écriture. C’est pas qu’elle aimait pas les gens, Daphné, c’est qu’elle n’était jamais tout à fait à l’aise en société. C’est pas qu’elle n’aimait pas son mari, c’est que c’est de femmes dont elle tombait amoureuse. C’est pas qu’elle n’aimait pas être une  femme, c’est qu’elle avait dans sa tête depuis toujours un alter ego masculin imaginaire. Sans doute que ça lui permettait de trouver dans les années 30 l’audace d’écrire une héroïne comme Mary Yellan qui se fait le serment suivant quand son oncle commence à entreprendre de la terroriser : « Sans autre arme que mon cerveau je ne manifesterai la moindre crainte ni devant Joss Merlyn ni devant aucun homme ».

Terroriser mais pourquoi? Pour qu’elle se taise. Mais qu’elle taise quoi? Ce qu’il lui a raconté un soir où il est encore plus plein d’alcool que d’habitude : il n’est pas qu’un délinquant de contrebandier, il est également naufrageur. C’est à dire que c’est un type qui provoque délibérément des naufrages de bateaux pour les piller, c’est à dire un assassin : les noyés et puis on achève les survivants, femmes et enfants compris, pour pas avoir de témoins. 

« Are you supposed to be looking as if you're enjoying yourself? » : ben non là pas trop trop, ma Reine… Et le pire c’est que Mary Yellan en essayant de déjouer un naufrage va assister à une de ces scènes. Et le pire c’est qu’elle va tomber amoureuse du chenapan de frère cadet de Joss Merlyn. Tout en s’en défendant :

« Je ne veux pas aimer comme une femme, ni éprouver des sentiments de femme; « Je n’ai pas besoin d’aide, je puis m’occuper de moi » Le petit frère peut-être voleur mais pas bête : « Si vous voulez jouer au garçon, je ne peux pas vous en empêcher ». Et le pire c’est qu’il y a pire que Joss Merlyn. Un autre homme bien plus intelligent, bien plus cintré également, un zinzin de la catégorie mystique, les pires et lui il … Allez c’est à vous ! 

Merci Bisous Merci

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