C’est le temps des bonnes résolutions, non ? Et qui dit bonnes résolutions dit : on va dire moins de bêtises, - non j’ai pas dit conneries mais c’est l’esprit - en 2021

Bonne année et bonnes résolutions aussi !
Bonne année et bonnes résolutions aussi ! © Getty

Par exemple, à la prochaine élection de Miss France 2021 on ne va pas tweeter sur l’origine religieuse ou ethnique d’une candidate. Ni être injurieux sur son physique ou sur son expression.

Par exemple, en 2021, lors des prochaines Victoires de la Musique on ne déchainera pas sa haine sur une chanteuse au prétexte qu’elle en a embrassé une autre sur la bouche. 

Par exemple, en 2021, quand on fera une publicité promotionnelle d’une appellation d’origine viticole ou d’un secteur de la restauration, et bien on y mettra des femmes, des femmes vigneronnes, des femmes cavistes, des femmes restauratrices. Et pas juste pour faire joli, parce qu’elles en sont moteur.

Un dernier exemple ? 

Je suis profondément attaché à la liberté d'expression qui va même jusqu'à la caricature  mais il y a une limite : celle de la dignité des personnes quand on les ravale à leur physique, et pour les femmes quand on les rabaisse à des couche-toi-là, quand on les réduit à leur sexe et à rien d’autre. Ce n’est d’ailleurs pas moi qui le dit mais la jurisprudence. 

Nos libertés sont précieuses d’autant qu’elles ne sont pas absolues. Là encore c’est la justice qui se prononce ainsi. Et puis il y a pire que la caricature, c’est l’invisibilisation et la parole confisquée, parce que moi, homme, je sais mieux que toi, femme, il n’y a qu’à voir comment au restaurant c’est encore trop souvent l’homme qui prend la carte des vins et pas la carte qui prend l’homme ta ta ta tin…

Et il y a du boulot. Un sacré boulot dans le milieu du vin et de la restauration aussi. Il y a en réalité du boulot à peu près dans chaque milieu où le pouvoir et l’influence ont été longtemps tenus, confisqué par les hommes, avocats compris, je ne l’oublie pas.

Et le monde du vin va mal en effet de ce point de vue-là : au-delà des photos au grain parfait des héritières de grands châteaux, de grandes fortunes ou de belles maisons, il y a un mépris abyssal des femmes ravalées au rang, au mieux de faire-valoir, au neutre d’original et au pire de faire la vaisselle et les cuivres. 

Pourtant des femmes aussi font du vin ?

Et oui, comme on dit en mauvais français, women do wine ! C’est quand même pas un scoop que la moitié de la population mondiale soit concernée par ce secteur, si ? Et comme dans tout secteur qui n’a pas su, ou plutôt qui n’a pas voulu, remettre en question ce déséquilibre ancestral et patriarcal – ça pour le coup c’est vraiment un gros mot pour certains -, il devient lui-même sa propre caricature s’il n’y prend pas gare.

Le racisme n’est pas une opinion, l’homophobie non plus, le sexisme pas plus. Et si les institutions viticoles ne mettent bien trop souvent que des hommes en avant c’est parce que ce sont eux qui tiennent les rênes des Organismes de Défense et de Gestion, des Syndicats des Appellations, des baronnies locales, des coopératives, des jurades et autres confréries. Rappelons encore une fois que ce n’est pas une question de titre mais une question de place, de vraie place, juste place. 

Alors un petit effort, vous verrez Messieurs les directeurs de publications de magazines, les tenanciers de blogs, les dégustateurs invités de partout et à l’œil, vous verrez, vous ne perdrez ni en virilité ni en estime de vous-même (pour certains c’est la même chose), vous aurez juste fait finalement un peu plus de place à l’avenir de vos propres filles ou de vos petites-filles. Elles vous en sauront gré. Et vous pourrez continuer de râler entre-vous « ouais on peut plus rien dire », « ouais c’est de l’humour », pendant ce temps-là le monde aura changé et vous n’en aurez rien vu. Et changé en mieux. Et grâce aux femmes. 

Alors Elvira, Deborah, Alessandra, Margot, Laurane, mais aussi Fleur, Isabelle, Sandrine, Pascaline, Aurélie, Sylvie, Alice et toutes les autres, en ce début d’année : we love you.

Qu’est-ce qu’on boit ?

Les vins de Romain Portier dans les Terrasses du Larzac, on est à quelques encablures de Montpellier, ces cuvées en bio et biodynamie s’appellent La Petite Parcelle, c’est un des plus petits domaines du Languedoc, des vins de fruit, Marsanne, Grenache blanc ou noir, Cinsault, Syrah aussi, il y en a pour tous les goûts. 15€ à la New Cave à Paris par exemple

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