La semaine dernière, L’Instant M recevait le cofondateur du site Médiacités, qui mise sur l’investigation au niveau local là où la presse quotidienne régionale manque de pluralité et se trouve pieds et poings liée aux intérêts locaux. Ça a fait réagir sur Twitter !

La PQR se rebiffe!
La PQR se rebiffe! © Getty / Dave Greenwood

Un directeur départemental de Ouest France a interpellé : 

Vision étriquée ! Ne caricaturons pas ! La #PQR sort des enquêtes, ne dépend plus de la pub, et fidélise son public

De manière générale, la PQR se rebiffe !

Auparavant, les journalistes locaux ne faisaient pas “mousser” leurs infos. Depuis peu, ils les crient haut et fort sur le web et les réseaux sociaux, où les frontières régionales n’existent plus. Ouest France martèle ses exclusivités avec l’expression “Info Ouest France” (La Montagne ou Le Parisien font de même) ; “La Provence” a créé un logo “Alerte Info” ; le Courrier Picard un pictogramme “CP News”. 

C’est que ces journaux font payer leurs infos sur le web ?

Il faut convaincre le lecteur de s’abonner. Et l’attirer avec des infos exclusives que la presse quotidienne régionale apporte grâce à sa connaissance du terrain. Il s’agit aussi d’alerter les confrères sur ces scoops tout en évitant qu’ils les reprennent sans dire d’où ils viennent.

En effet, c’est aussi un message pour les radios, télés ou sites web qui reprennent les infos de la presse régionale. 

Or une fois qu’une info est reprise par France Bleu ou France 3 par exemple, elle devient gratuite sur le site des médias publics. Alors la presse écrite, privée, se bat pour être citée et sourcée, et justifier ainsi d’être payante auprès de ses lecteurs. 

Autre signe : la presse régionale se rebelle aussi face à la presse parisienne

En témoigne ce coup de gueule d’un journaliste de l’Est Eclair : 

On en a marre de servir de fixeurs à des confrères parisiens qui veulent des contacts sur place puis qui ne sourcent jamais leurs infos. Avant on laissait passer, maintenant on râle, on réclame ou on garde nos infos.

Autre exemple : c’est un titre de presse régionale, La Voix du Nord, qui s’est rebellé contre une pratique répandue dans la presse : au début de l’année, le quotidien du Nord a décidé de ne plus faire relire les interviews par les politiques avant publication. Une remise en question qui a inspiré un titre de presse nationale puisqu’il y a un mois, Les Echos ont refusé de diffuser une interview de la ministre des Transports qui avait été trop amendée par Matignon.

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