Le "New York Times" vient de publier une charte des réseaux sociaux rappelant à l'ordre ses journalistes.

Cyril, les journalistes sont fous de Twitter mais Twitter les rend-ils fous ?

C’est une drogue pour beaucoup. Les journalistes sont devenus des “marques” sur les réseaux sociaux. Ce n’est plus le média auquel ils appartiennent qui importe mais leur personne. Un exemple : quand vous suivez Jean-Michel Apathie sur Twitter (430.000 abonnés), peu importe qu’il travaille à RTL, Europe 1, France 5 ou France Info (il a d’ailleurs fait les quatre en trois ans), vous suivez Apathie, libre, cash et faisant tweet de tout bois. En son nom à lui et pas au nom de la radio pour laquelle il travaille. 

Aux Etats-Unis, le New York Times vient de siffler la fin de partie. Nouvelle charte des réseaux sociaux. Des règles très strictes mais dans un contexte particulier. 

Le président Trump insulte, sur Twitter,  les journalistes qu’il juge de parti-pris. Consigne donc, ne pas entrer dans ce jeu là. Rester impartial. Privilégier les faits aux commentaires. Parce qu’à travers leurs tweets personnels, c’est aussi le New York Times qui s’exprime. Et ça a fait des émules : le Wall Street Journal a également publié ses recommandations hier soir, invitant ses journalistes à moins tweeter. 

En France, justement, les médias ont-ils des règles strictes comme le New York Times?

Pas tant que ça. En presse régionale, seuls quelques titres comme Ouest France, L’Union, La Voix du Nord ont des chartes succinctes. C’est l’Agence France Presse qui a le plus travaillé sur le sujet avec un court guide pour ses 1.400 journalistes. Qui dit, en gros,  comportez-vous sur Twitter comme dans vos dépêches : comme des pros.” Une position inverse à celle d’Olivier Siou, rédacteur en chef adjoint du service politique de France 2 : “Je mets ma subjectivité dans mes tweets, je garde mon objectivité pour mon taf.”

Mais parfois ça dérape... 

Beaucoup même. On se souvient du premier tweet-limogeage : en 2012, Pierre Salviac perd son statut de chroniqueur sportif à RTL après un tweet injurieux envers Valérie Trierweiler. 

Récemment, le directeur du Monde Jérôme Fenoglio s’est adressé à toute la rédaction, rappelant les effets dommageables que peuvent provoquer les comportements de certains journalistes sur les réseaux sociaux. Mais à part ça, pas de règles dans beaucoup de médias français, si ce n’est celle qui vaut pour tous, édictée par le New York Times en 2011 : “Don’t be stupid.” 

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