Dans un mois pile, nous serons le 29 février. Une date réservée aux années bissextiles à laquelle paraît depuis quarante ans, le seul quadrisannuel de France, peut-être même du monde.

"La Bougie du Sapeur" ne parait que tous les 29 février - donc tous les quatre ans. (l'édition en photo date de 2008)
"La Bougie du Sapeur" ne parait que tous les 29 février - donc tous les quatre ans. (l'édition en photo date de 2008) © AFP / Patrick Hertzog

D’ailleurs le mot quadrisannuel n’existe pas tant cette périodicité est atypique. Bref, il ne sort que tous les quatre ans. Tout a commencé en 1980 quand le polytechnicien Jacques Debuisson décide avec des copains de pasticher le vrai journal. Ça donnera La Bougie du Sapeur en hommage au Sapeur Camember, personnage loufoque et simplet de bande-dessinée, né… un 29 février et imaginé par le dessinateur Christophe en 1890. 

Mais quarante ans après le lancement de La Bougie du Sapeur, la blague continue... 

Le 29 février 2020, plus précisément le 28 après midi (“pour faire comme le grand quotidien du soir, Le Monde, nous dit-on), le 11ème numéro de La Bougie du Sapeur paraîtra. Sur papier journal, au format tabloïd comme Libération, 20 pages et 200 000 exemplaires. 

Pas de pubs, les contributeurs sont bénévoles. Et les marchands de presse aiment le mettre en avant car il sort pour la bonne cause. Cette année encore, les bénéfices (10 000 euros environ) seront reversés à une association, A Tire d’Aile, qui s’occupe de personnes autistes dans l’Indre. La Bougie du sapeur sera en vente plusieurs semaines. Son prix : 4,80 euros, soit une hausse de 10 centimes. 

Et de quoi ça parle La Bougie du Sapeur ?

« La Bougie » réagit à l’actualité d’il y a quatre ans ! A ce qu’il s’est passé le précédent 29 février. En plein bouclage, le directeur de la publication Jean d’Indy nous a livré quelques secrets : on parlera des “tout nouveaux” personnages, qui existaient à peine en 2016 : Macron, Villani, Schiappa, Trump. Et Greta Thunberg sera une des têtes d’affiche du cahier spécial de 4 pages, intitulé : “La Bougie verte”. On y trouvera aussi une interview imaginaire de… Thierry Le Luron. 

C’est “un journal satirique mais jamais méchant”, dit son directeur ; “un journal qui part de faits réels pour divertir”. Certains trouveront lourdingue son humour proche de l’almanach Vermot. D’autres se réjouiront de coups de génies éditoriaux. Comme le fait de retrouver tous les quatre ans la solution des mots croisés du numéro précédent ou encore les droits de réponse et courriers des lecteurs archivés soigneusement...    

Sur Internet, le numéro 1 de La Bougie, en 1980, épuisé, s’arrache à près de 100 euros… 

Ce journal a ses fidèles comme en avait L’Os à Moelle de Pierre Dac. Sur les 130 000 ventes moyennes, beaucoup de lecteurs-collectionneurs attendent chaque 29 février avec impatience. Le cofondateur Jacques Debuisson l’avait pressenti dès son premier édito dans lequel il écrivait : “La moitié du plaisir ne réside-t-elle pas dans l'attente du numéro qui va sortir ? Que serait une passion sans rendez-vous : une lente consomption." 

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.