Le lieu français de convivialité par excellence, au plus proche des citoyens. Par ces temps de réflexion sur la démocratie participative, les rédactions y retournent.

Réunion au café du coin (image d'illustration)
Réunion au café du coin (image d'illustration) © Getty / Drazen

Avant Twitter et Facebook, c’est là que les journalistes trouvaient infos et ragots. C’est de là, d’ailleurs, que vient l’expression « café du commerce » qui vient du nom d’une rubrique de Jours de France que Marcel Dassault avait l’habitude de rédiger au troquet du même nom, à Paris. 

Eh bien un journal suisse s’en inspire cette semaine. 

Créé par des anciens du quotidien Le Matin, dont la version papier a disparu en juillet 2018, Micro se définit comme le journal “imaginé, écrit et lu dans les bistrots”. Il n’a pas de locaux ; il tient ses conférences de rédaction dans les cafés. C’est aussi là que seront écrits les articles avec les clients. Le numéro test est sorti lundi et la rédaction espère réunir 80.000 € pour se lancer définitivement en mai. 

En réalité, plein de journaux locaux tiennent régulièrement leurs réunions au troquet

C’est le cas chez Ouest-France, au Dauphiné Libéré, à La Voix du Nord, pour des titres du groupe Centre France, pour le site Médiacités... Ou encore un précurseur, Nord Littoral à Calais, qui s’y est mis il y a trois ans. David Guévart, son directeur, est catégorique : 

Ce n’est pas notre journal, c’est celui des habitants ; ils ont leur mot à dire, ils nous soufflent des idées et ils demandent des comptes. Et puis ça envoie nos journalistes au cœur des quartiers.

Nord Littoral embarque aussi les habitants en reportage et a même transformé un camion en rédaction mobile pour sillonner le territoire. Tout ça pour regagner la confiance des lecteurs, montrer que les sujets naissent du terrain, pas des pressions politiques ou économiques. Ça permet aussi de démystifier le métier des journalistes locaux dont le quotidien comme le salaire sont bien loin de l’image renvoyée par une minorité d’éditorialistes-stars de la télévision. 

Avec la crise des Gilets jaunes, ces initiatives se multiplient. Et les conférence de rédac au café, c’est aussi l’occasion de boire un coup avec le lecteurs !  

_Nord littora_l en a profité pour créer sa "Bière en Or", l’été dernier. A Reims, terre de champagne, L’Union lance actuellement trois nouvelles bières pour, je cite, “se rapprocher des lecteurs et être acteurs du territoire”. Leurs noms ? La Chronique, la Typo et l’Encrier… 

Et puisqu’on y est... Autant lancer son propre café. 

Il y a un mois a ouvert dans le XVIIIe arrondissement de Paris le premier bistrot lié à un titre de presse nationale en France, le Café Néon. Un euro le petit noir au comptoir et le menu est à lire au milieu de Néon, le bimestriel du groupe Prisma qui s’adresse aux jeunes. Une conférence de rédaction y est organisée chaque mois et les journalistes viennent y travailler en public le mercredi matin. Autre exemple à Montpellier où Le Gazette café a été lancé il y a trois ans par l’hebdomadaire local du même nom.

Tenir ses réunions de travail au café du coin
Tenir ses réunions de travail au café du coin © Getty
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