Une vague verte aux élections municipales : Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Grenoble… mais aussi Besançon, Tours, Annecy ou encore Poitiers… Jamais les écolos n’avaient remporté autant de victoires électorales. Trois mois après leur élection, ces municipalités sont-elles à la hauteur des attentes ?

Trois mois après leur arrivée, premier bilan des maires écologistes
Trois mois après leur arrivée, premier bilan des maires écologistes © Getty / jia yu

Une chronique en partenariat avec Reporterre.net, le quotidien de l'écologie.

Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers…  Jamais les écolos n’avaient remporté autant de victoires électorales.  Avec un objectif, ambitieux : puisque la transition écologique tarde tant à venir d’en haut, il faut l’impulser par le bas, depuis les communes, qui sont responsables de 50 % des émissions de gaz à effet de serre. Transports, alimentation, logement… Il y a du pain sur la planche pour les nouvelles équipes !  

Trois mois après leur élection, sont-elles à la hauteur des attentes ? 

Disons-le tout de go : difficile de dresser un bilan après 100 petits jours de mandature… Et c’est bien là le problème. Les écologistes ont suscité beaucoup d’espoir… et ils sont les premiers à parler d’urgence. Il leur faut donc agir, avoir des résultats… et vite. Sauf que…  la transition ne l’entend pas de cette oreille. 

Prenez la végétalisation des villes. Faire pousser des arbres… ça prend du temps. Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux expliquait à ce propos qu’on ne pouvait pas planter en plein été, et qu’il fallait d’abord étudier les sous-sols, pour ne pas faire n’importe quoi. Autrement dit, les Bordelais vont devoir attendre encore un peu avant de voir leurs places transformées en forêt urbaine. 

Et ils ne verront pas de sapin de Noël non plus sur la grande place du centre-ville… 

Cette décision du nouveau maire a créé la polémique. Il a refusé de payer 60 000 euros pour installer, « un arbre mort »…  Au-delà des mots, il y a deux choses intéressantes à soulever. 

D’abord, vous l’aurez compris, comme il est difficile d’avoir des changements visibles rapidement, il faut marquer les esprits… autrement. La politique est affaire de symboles. 

  • A Poitiers, Léonore Moncond’huy a ainsi baissé d’un tiers son indemnité de maire. 
  • A Tours, un jardin public a été rebaptisé du nom de « Fritz », en hommage à l’éléphant d’un cirque pris de panique et abattu dans les rues de la ville au siècle dernier… 
  • A Lyon, le maire Grégory Doucet a jugé le Tour de France « machiste et polluant »… De quoi donner du grain à moudre à ceux qui dénoncent les "Khmers verts"…

C’est l’autre élément intéressant à relever. Ces décisions, pour beaucoup symboliques, donc sans grand impact, ont déchaîné les passions. Pierrer Hurmic et son sapin, Grégory Doucet et son Tour de France…. Depuis le 28 juin, les écologistes ont eu droit aux qualificatifs d’ayatollah, d’Amish, d’illuminés ou d’intégristes. Bref, pas de quoi élever le débat politique sur un sujet pourtant crucial : la crise écologique. 

Qu’ont fait les équipes écolos ces 100 derniers jours ?

Au-delà des polémiques, au-delà même de la crise sanitaire, il s’est passé des choses dans les villes vertes ! A Paris et à Lyon, des rues piétonnes ont été mises en place aux abords des écoles… A Bordeaux, on a vu fleurir les fameuses « corona pistes », des pistes cyclables temporaires, amenées à être pérennisées… Strasbourg a voté un emprunt de 350 millions d’euros pour financer entre autres trois nouvelles lignes de tram et une aide universelle pour la rénovation des logements. Alors certes, il reste encore beaucoup à faire, mais le mouvement semble enclenché, espérons-le, de manière irréversible. 

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