La chronique du jour en partenariat avec le quotidien de l'écologie "Reporterre". Aujourd'hui Héloïse Leussier nous apprend quel est l'impact du changement climatique sur les littoraux en France. Elle est allée enquêter dans différentes régions. Il y a le risque de submersion et les plages perdent du terrain…

Ici sur la côte du Pays de Caux, Côte d'Albâtre, Étretat
Ici sur la côte du Pays de Caux, Côte d'Albâtre, Étretat © AFP / ESCUDERO PATRICK / HEMIS.FR

Une enquête un peu partout sur les littoraux en France

Des plages de sable disparaissent, des falaises s’effritent, et il faut rehausser les digues en prévision de la montée des eaux....  

Nous avons essayé, dans notre série de quatre articles, de comprendre ce qu'on appelle "les risques littoraux". En réalité, nous faisons face à deux phénomènes assez distincts mais qui peuvent se combiner. D'un côté, il y a le risque de submersion, c'est quand la mer franchit des barrières naturelles ou artificielles, comme les digues, et provoque des inondations. Avec la montée du niveau de la mer, le risque de submersion va s'intensifier. Les hauteurs d'eau considérées aujourd’hui comme exceptionnelles le seront de moins en moins.

D'autre part, les plages perdent du terrain, car il y a moins de sable amené par la mer. On appelle cela l'érosion. C'est un phénomène naturel, mais qui va s'accentuer avec le changement climatique.

Est-ce qu'on sait ce qui nous attend dans les prochaines décennies ?

Concernant le risque de submersion, tout dépendra des émissions de gaz à effet de serre. Dans la trajectoire actuelle, on peut s'attendre à une hausse du niveau de la mer d'environ 1 mètre d'ici à 2100. Les territoires qui seront le plus impactés sont ceux qui se trouvent à basse altitude : les îles des tropiques, la Camargue, le Marais Poitevin, mais aussi le nord de la France. Les villes de Calais, Dunkerque et Saint-Omer par exemple, se trouvent sur un vaste polder sous le niveau de la mer.

Concernant l'érosion, on sait qu'elle va s'aggraver, mais les scientifiques ont du mal à modéliser ce processus qui n'est pas régulier. Par exemple, la côte sableuse d'Aquitaine se réduit en moyenne de un à trois mètres par an, mais lors d'une succession de tempêtes en 2013-2014, de nombreuses plages ont perdu jusqu'à 20 mètres de terrain.  

Face à ces risques littoraux, comment se prépare-t-on ? 

Pour ce qui est du risque de submersion, après la tempête Xynthia en 2010, l'État a prescrit des plans de prévention des risques littoraux, dans 303 villes. Les communes doivent empêcher les nouvelles constructions dans les zones à risque et réaménager les bâtiments les plus exposés. Mais beaucoup d'entre elles tardent à le faire. Au Havre exemple, le plan de prévention n'est toujours pas approuvé.   

Pour lutter contre l'érosion, certaines communes installent des épis ou encore des enrochements pour contenir le sable. Mais ces installations très coûteuses ne suffiront pas sur le long terme. Il faudra sûrement délocaliser certains bâtiments situés en bord de mer. Jusqu'à 50.000 logements pourraient être menacés d'ici à 2100, en France. Les situations comme celle de l'immeuble le Signal à Soulac-sur-Mer, évacué dans l'urgence, car situé sur une dune qui s'érodait, risquent de se multiplier dans les années à venir.

▶︎ Une chronique en partenariat avec le quotidien de l'écologie Reporterre.