Lorsque l’on s’accorde une « pause café » ou que l’on s’invite « à prendre un petit Kawa », on n’y pense pas toujours mais la production des grains de café a un impact conséquent sur l’environnement.

Le café
Le café © Getty

Quelle est la première chose que vous faites le matin ?

Imaginez, lundi, 7h du matin… Vous allez dans la cuisine…Vous allumez France Inter et vous vous faites un…café exactement, comme 8 français sur 10, vous buvez du café le matin. Un peu, beaucoup, passionnément, jusqu’à la tachycardie, chacun sa consommation. Il se trouve quand même que la France est le 8ème consommateur mondial de café:  un peu plus de 5 kg en moyenne par an et par personne.

Alors lorsque l’on s’accorde une « pause café » ou que l’on s’invite « à prendre un petit Kawa », on n’y pense pas toujours mais la production des grains de café a un impact conséquent sur l’environnement. Transformation, déforestation, dégradation des sols par la monoculture, les engrais et les pesticides.

Mais il y a aussi l’utilisation massive d’eau.

A votre avis, combien de litres d’eau faut- il pour produire une tasse ?

Vous allez être étonné. Entre l’eau pour faire pousser le plan de caféier, la récolte, le transport, l’emballage, la vente et l’eau nécessaire à la fabrication de la tasse, il faut en moyenne 140 litres d’eau pour produire l’équivalent d’une seule tasse !

Je ne vous parle même pas des dosettes dont l’usage ne cesse d’augmenter : 20 milliards de capsules chaque année.

Alors si les grandes marques s’organisent pour mettre en place des systèmes de collecte ou se lancent dans des dosettes biodégradables, leur recyclage n’est pas toujours effectif et le consommateur ne prend pas forcément le temps de ramener au magasin les capsules usagées.

John Sylvan, qui a inventé certains types de dosettes, déclare même regretter sa création !

La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus de personnes se posent des questions éthiques sur le café. D’abord la commercialisation, on le sait les caféiculteurs ne sont pas toujours rémunérés correctement. Le commerce équitable du café est donc de plus en plus utilisé comme un argument de ventes par de nombreuses marques. Et c’est tant mieux. La bonne nouvelle concerne également l’écologie. D’abord le marc de café est de plus en plus réutilisé.

Comme engrais naturel par exemple pour les plantes, comme produit cosmétique pour exfolier la peau, nourrir les cheveux.

On peut aussi l’utiliser pour éviter de boucher les canalisations et même, c’est de saison vu qu’elles nous envahissent, pour faire fuir les guêpes qui détestent l’odeur du marc de café brûlé.
Donner une seconde vie au café c’est pas mal mais il y a mieux. Des chercheurs sont en train de réfléchir aux moyens de faire du café… Sans café.

Une société américaine basée à Seattle développe un procédé révolutionnaire: créer du café en utilisant des atomes de déchets végétaux !

Ces déchets proviennent de différentes fermes agricoles. L’équipe scientifique de cette société a cartographié moléculairement le café conventionnel et a ensuite recomposé ce café avec des plantes produisant naturellement de la caféine.

Le goût serait identique au café traditionnel : l’arôme, le corps, la couleur, l’odeur, tout y est, même les vertus de la caféine à faible dose.

Pour l’université des sciences appliquées de Zurich qui a accompagné l’entreprise dans ses travaux, c’est une méthode qui recrée l’expérience complète du café tout en relevant les défis environnementaux et sociaux liées à la culture des grains. 

Vous rêvez tous de goûter ce café à base de déchets ?
Eh bien un peu de patience, il faudra attendre 2021 pour sa commercialisation !

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