Dans " La saga des humains" Evelyne Heyer, professeure en anthropologie génétique au Muséum national d’histoire naturelle et Musée de l’Homme nous parlera de la couleur de la peau

Dans "La saga des humains", Evelyne Heyer nous raconter la couleur de la peau. En regardant une carte du monde, on constate rapidement que les populations de couleur de peaux foncées viennent des zones ensoleillées autour des tropiques. A l’inverse, les couleurs de peau claires se retrouvent plutôt dans les latitudes élevées, par exemple au Nord de l’Europe. 

La couleur de peau dépend surtout de la quantité de Mélanine, un pigment dans les cellules de l’épiderme. Plus il y en a, plus la peau est foncée et surtout, cette mélanine permet de se protéger des rayonnements ultraviolets, les UVA. Mieux vaut avoir une couleur de peau foncée là où le soleil brille. A l’inverse là où il y a peu de soleil, une couleur de peau plus claire permet de mieux synthétiser la vitamine D, une vitamine indispensable à la croissance.  

Comment est née cette diversité des couleurs de peaux ?  Nos ancêtres, comme les grands singes ont des poils sur le corps, et donc vraisemblablement une couleur de peau plutôt claire. Puis nos ancêtres perdent leurs poils, il y a plus d’un millions d’années. Cette  évolution se déroule en Afrique, dans des zones à fort ensoleillement. L’évolution sélectionne toute une gamme de couleurs de peau foncée. Nos ancêtres sortent ensuite d’Afrique il y a environ 70000 ans. Lorsqu’ils atteignent des latitudes plus élevées comme en Europe ou en Asie, plus besoin de se protéger des rayons du soleil.  

Alors deviennent-ils plus clairs ? Oui, mais pas tout de suite ! Les premiers européens ont une alimentation riche en vitamine D, que l’on trouve dans les poissons, la viande de rennes… Donc il n’y a pas « besoin » d’avoir une couleur de peau claire pour faciliter la synthèse de la vitamine D car celle-ci est très présente dans l’alimentation.  D’ailleurs,  les populations actuelles du grand nord, comme les Inuits,  ne sont pas particulièrement de couleur de peau claire. Leur alimentation est très riche en vitamine D que l’on trouve dans les mammifères marins, comme les phoques.  

Mais alors quand les européens deviennent de couleur plus clair ? Et bien, grâce à l’étude de l’ADN de fossiles on peut estimer la couleur de peaux de ces anciens restes humains. En effet, on connait maintenant les mutations qui expliquent en grande partie les différences de couleurs de peau entre les africains sub-sahariens et les Européens. Et donc en étudiant l’ADN de squelettes anciens on peut avoir une idée de leur couleur de peau, dresser une sorte de portrait-robot. Et là surprise : les européens du paléolithique, ceux qui ont peint les grottes de Lascaux, sont noires de peau et avec des yeux bleus. Et cette couleur de peau noir dure longtemps : le chewing-gum de résine de bouleau d’une femme vivant au Danemark il y a 5700 ans a capturé de son ADN et révélé qu’elle était noire de peau avec des yeux bleus…. Donc arrivés noirs en Europe il y a 40000 ans les européens le sont restés jusqu’à il y a  environ 6000 ans !  

Quand et comment la couleur de peau s’éclaircit ? Il faut attendre l’arrivée des agriculteurs du Moyen-Orient. Tout d’abord ils sont plus clairs de peau, mais surtout, l’alimentation des populations humaines en Europe change. Plus de céréales, moins de vitamine D. La sélection pour une couleur de peau plus claire se met en place ! Ainsi cela fait vraiment peu de générations que les européens sont « blancs » ! Vraiment pas de quoi en faire une hiérarchie ! 

avec  Evelyne Heyer  et  « saga des humains » est en partenariat avec le Muséum national d’histoire naturelle 

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